Affaire des biens mal acquis : Robert Bourgi dit ne rien savoir

Robert Bourgi a été entendu jeudi à Paris par la justice dans le cadre de l’enquête de l’affaire des biens mal acquis en France de dirigeants africains. Alors que beaucoup s’attendait à des révélations fracassantes, l’avocat franco-libanais a affirmé ne rien connaître de cette affaire.

Sortie de l’ombre mais pas de son mutisme. L’avocat libanais Robert Bourgi, 66 ans, qui a accusé Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Jean-Marie Le pen d’avoir reçu des mallettes de billets en provenance de chefs d’Etats africains, a été entendu par la justice jeudi en tant que témoin dans le cadre de l’enquête de l’affaire des biens mal acquis. L’ancien conseiller officieux de l’Elysée pour l’Afrique a affirmé ne rien connaître des détails de ce dossier, a déclaré à la sortie de l’audition Maitre William Bourdon, avocat de l’ONG anticorruption Transparency International (TI), partie civile dans ce dossier. L’organisation est à l’origine de la plainte ayant débouché fin 2010 sur une enquête concernant l’acquisition en France d’un important patrimoine par les dirigeants africains, dont Denis Sassou Nguesso, du Congo, Teodoro Obiang, de la Guinée équatoriale, et le défunt chef d’Etat gabonais, Omar Bongo. Robert Bourgi « dit qu’il a tout appris par la presse » concernant le patrimoine acquis en France de ces présidents africains, a expliqué Me Bourdon. « Ce n’est pas crédible », a-t-il jugé. Selon lui, « Bourgi sait tout de la vie » des chefs d’Etat concernés. « C’est tout juste s’il n’est pas tombé de sa chaise quand il a lu la presse », a-t-il ironisé, se demandant si Bourgi a peur d’être « pris dans des liens de complicité avec les chefs d’Etat africains ».