A Palerme, l’Afrique indécise sur la criminalité organisée

A la conférence de l’ONU sur les mafias, les délégués africains semblaient encore hésiter, mardi, à signer la convention proposée. D’aucuns souhaitaient que le lien entre pauvreté et criminalité soit mieux reconnu.

Si ce n’est pas une bouderie, cela y ressemble fort. Les présidents et chefs de gouvernement africains ont, dans leur écrasante majorité, brillé par leur absence à la conférence des Nations unies sur la criminalité transnationale, qu’abrite jusqu’à vendredi la symbolique ville italienne de Palerme, capitale de la Sicile et berceau historique de la mafia.

L’objectif de la conférence est la signature d’une convention visant quatre  » infractions clefs « . Il s’agit de la participation d’un groupe criminel, le blanchiment de l’argent sale, la corruption et les entraves au bon fonctionnement des institutions judiciaires.

 » Nos chefs d’Etat ont-ils peur de la mafia ? « , lançait mardi un confrère africain en guise de boutade. Des cinquante-quatre Etats du Continent, seul l’Ile Maurice est représentée au niveau le plus élevé par le président. Les Seychelles ont délégué leur vice-président, l’Ouganda et le Togo leurs Premiers ministres.

L’Afrique pointe la pauvreté

Le Togolais qui s’exprimait au nom de l’O.U.A. a asséné sa vérité à la communauté internationale. Pour lui, il serait illusoire de lutter contre le crime organisé transnational sans corriger les déséquilibres entre les pays du Nord et ceux du Sud.  » La criminalité provient essentiellement de la pauvreté. Aujourd’hui, nous avons du mal a combattre ce fléau de la mafia parce que des groupes criminels ont bâti leur puissance sur le lien avec le système financier international « .

La séance de mardi a enregistré plusieurs discours des Etats axés sur les moyens de lutte contre le crime organisé et sur les efforts qu’ils entendent consentir pour la mise en oeuvre de la nouvelle convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Pour l’heure, quatre vingt treize Etats ont donné plein pouvoir à leurs représentants de signer la convention. Mais les plumes ne se bousculent pas sur le document.

Du côté des Africains, on s’épie, on discute dans les coulisses, bref : on attend d’apprendre suffisamment sur le contenu de la convention avant de la signer. A côté de la convention, figure aussi un protocole de ratifications. Apparemment, les Nations Unies veulent aller vite puisqu’elles ne demandent que 4O ratifications pour la mise en oeuvre de cet instrument juridique.

Les travaux se sont poursuivis mercredi avec le symposium sur le thème  » Mdias et crime organisé « .