La Centrafrique célèbre les 100 jours de Samba-Panza marqués par la violence

La Présidente de la Centrafrique, Catherine Samba-Panza, va prononcer, ce mardi, une allocution devant le Conseil national de transition, à l’occasion des 100 jours de son accession au pouvoir. Son bilan est contrasté dans ce pays en proie à des violences persistantes qui ont fait une centaine de morts depuis dix jours.

Après 100 jours de pratique du pouvoir, la Présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, va prononcer, devant les membres du Conseil nationale de transition, une allocution pour présenter son « bilan des cent jours de la transition », ce mardi. La population de la Centrafrique critique son inaction après la flambée des violences ces derniers jours, qui ont fait une centaine de morts dans le pays.

La Présidente a échoué à pacifier le pays

Les problèmes liés à la sécurisation du pays frustrent fortement la population centrafricaine et la Présidente, qui travaille en étroite collaboration avec les pays ayant des soldats sur place, est perçue comme responsable de cette situation. « Nous avons toujours de la violence à Bangui et elle s’est accrue dans l’arrière-pays », indique le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme, Joseph Bindoumi, rapporte RFI.

Le site d’information La Nouvelle Centrafrique n’est pas tendre avec Catherine Samba-Panza, arrivée au pouvoir le 20 janvier dernier. « En 100 jours passés au pouvoir, l’état de grâce passé plus qu’inaperçu est fini. Et de grâce, nous n’aurons vu que les couleurs de ses beaux tailleurs. Qu’en est-il de la politique générale de son gouvernement ? Inexistante. Politique du jugé et de l’improvisation, à croire que, parce qu’en phase de transition, les morts aussi seraient « de transition » », rapporte froidement un journaliste dans un éditorial.

« En quoi « l’après transition » serait-elle meilleure que ce qu’elle est maintenant ? Les Centrafricains ne vivent pas dans des rêves absurdes, mais dans la survie quotidienne. « Trouver à manger est devenu un boulot à plein temps », nous confiait dernièrement une habitante de Bangui désabusée. Le futur se prépare, et qui le prépare au gouvernement ? », a encore lancé le journal en ligne.

Des dizaines de morts dans le nord-ouest du pays

Catherine Samba-Panza semble impuissante pour mettre fin à la violence dans son pays. Dans le centre de la Centrafrique, dans la localité de Mala, une trentaine de personnes sont mortes et une dizaine a été blessée dans des affrontements entre anti-balaka et ex-séléka. Les combats ravagent aussi le nord-ouest du pays, à l’endroit même où des soldats français ont été pris pour cible, ce lundi.

Des « hommes armés ont tué au moins 20 personnes près de Markounda et 55 autres vers Paoua », a rapporté une source anonyme, membre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), selon l’AFP.

« Ces tueries ont été perpétrées sur plusieurs jours dans des villages » de la région « par des hommes armés assimilés aux ex-séléka et à des Peulhs armés », a indiqué encore ce militaire. « Ceux-ci ont attaqué près de 10 villages autour de Markounda, entre mercredi et vendredi. Ils ont également attaqué plus de 40 villages près de Paoua, à la frontière tchadienne » depuis maintenant une dizaine de jours, toujours selon la même source.

Un religieux qui habite dans la région a confirmé ces affrontements meurtriers. « C’est un bilan qui pourrait s’alourdir. Les atrocités commises par ces hommes armés sont indescriptibles », a-t-il précisé.