A Bordeaux, l’Afrique encouragée à se libérer

La ville française vient d’accueillir une Convention euro-africaine dont les objectifs étaient de mettre en relation des entreprises du Nord et du Sud, mais aussi de débattre des atouts africains dans la mondialisation. Bordeaux, ville du bon vin et des belles paroles.

Environ 350 entrepreneurs européens et africains, issus de dix-neuf pays d’Afrique et six d’Europe, ont conclu un peu plus de 600  » rendez-vous d’affaires  » cette semaine dans la ville française de Bordeaux, dans le cadre de la 4ème Convention euro-africaine se tenant dans la capitale du Sud-Ouest.

Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères et Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, étaient les principales personnalités françaises invitées à la conférence, cependant que le président sénégalais Abdoulaye Wade participait également aux travaux de cette Convention.

Contraintes fortes

Plusieurs débats étaient organisés en marge de la mise en relation d’entreprises africaines et européennes. Invité à donner un point de vue africain sur la mondialisation, Me Wade a ainsi illustré les sentiments ambivalents du Continent face à l’ouverture grandissante des marchés de biens et de capitaux. Prenant acte, rapporte  » Le Soleil « , de ce qu’il n’y a plus de  » chemin alternatif avec la fin du communisme « , le leader du  » sopi  » (changement en wolof) a fait état des  » contraintes fortes  » auxquels sont soumises les économies africaines.

Obligées de se réformer, elles devront pourtant continuer à s’appuyer sur des partenariats traditionnels – comme celui qui les lie à l’Europe – pour rester dans la course des échanges mondiaux.

La part de marché européenne des pays ACP (Afrique – Caraïbes – Pacifique), pour l’essentiel Africains, n’a cessé de se réduire en dépit de la Convention de Lomé. Elle ressort à présent à 3 %. Selon Ablassé Ouédrago, directeur-adjoint de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) également présent à Bordeaux, l’Afrique ne pourra tirer profit de la mondialisation qu’en maîtrisant mieux les mécanismes d’ajustement structurel auxquels elle est soumise.