7 millions de Camerounais sans acte de naissance : qui pouvait l’imaginer !


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Acte de naissance
Acte de naissance

Avec l’appui de l’Unicef (Fonds des nations unies pour l’enfance), le ministère de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), a organisé, du 26 au 27 avril 2024, au Palais des congrès de Yaoundé, le tout premier Forum portant sur l’enregistrement universel des naissances au Cameroun.

« L’organisation de cette importante rencontre découle du constat selon lequel depuis presque une décennie, non seulement le taux d’enregistrement des naissances dans notre pays stagne, mais il recule dans certaines régions, nonobstant toutes les mesures prises par l’État, appuyé par des partenaires techniques et financiers », indiquait Georges Elanga Obam, ministre camerounais de la Décentralisation et du Développement local.

Plus de 1,5 million d’élèves sans acte de naissance

« A ce jour, l’on dénombre près de 7 millions de Camerounais sans actes de naissance, majoritairement constitués d’enfants dont plus de 1,5 million d’élèves des écoles primaires et maternelles », avait-il ajouté.

Pendant deux jours de travaux intenses, les maires, officiers des 374 centres principaux logés dans les mairies, certains officiers des centres d’état civil secondaires et secrétaires d’état civil, les représentants des administrations, établissements publics, organisations de la société civile, associations, organismes internationaux et partenaires techniques et financiers, s’étaient attelés à identifier ce qui fait problème et de proposer des solutions efficaces face aux difficultés qui plombent l’enregistrement des naissances au Cameroun.

Selon le bibliothécaire Jean N., « l’acte de naissance, est une pièce maîtresse pour un citoyen. Non seulement il prouve la nationalité d’un individu, mais aussi permet de se faire établir des documents importants, tels que : la carte nationale d’identité, le passeport, la carte consulaire, l’inscription à une liste électorale, l’ouverture d’un compte en banque… Pour ma part, lorsque quelqu’un n’a pas d’acte naissance, il est comme une « chauve-souris », car on ne sait pas où le classer (animal ou oiseau), il ne peut pas être scolarisé, bref, il n’a pas de vie. Lorsque j’ai suivi cette révélation venant d’un ministre en charge de ces questions, je suis tombé des nues ».

La porte ouverte à la corruption

« Je me suis posé un certain nombre de questions : Pourquoi avoir attendu longtemps pour déclarer cela ? A quoi servent les ordinateurs flambant neuf dans les bureaux des mairies? A quoi sert le Bunec (Bureau national de l’état civil), crée en 2013, qui est un établissement public administratif chargé de la supervision, la régulation, le contrôle et l’évaluation du système d’état civil camerounais. Que font les personnes (mairies et bunec) désignées pour cette tâche ? A qui profite cette inertie dans l’établissement des actes de naissance ? Qu’est-ce qui se cache derrière cette mauvaise façon de travailler ? », a poursuivi qui ne cache pas son étonnement.

« N’est-ce pas là une grande porte qu’on ouvre au faux et à la corruption ? Comment faire pour réparer les torts causés à ces milliers de personnes ? 7 millions de personnes sans acte de naissance, ce n’est pas 7 personnes. Alors, par quel bout faudra-t-il commencer ? Combien de temps faudra-t-il, pour que ces personnes rentrent en possession de ce précieux sésame ? J’ai bien peur, de ce que les très belles résolutions qui seront prises lors de cette rencontre très courue, « restent lettres mortes », pour ne pas dire « soient classées dans les tiroirs » », a-t-il conclu.

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