6e Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien

La 6e édition des Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien se déroule à Paris du 22 au 30 avril. C’est la première fois en 10 ans d’existence que l’événement quitte l’Afrique. Sophie Renaud, coordinatrice générale, responsable du pôle danse à l’Association française d’action artistique nous explique pourquoi. Interview.

Par Joan Tilouine

Les Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien font, pour la première fois de leur histoire, une infidélité à l’Afrique. Pour marquer sa 10e année d’existence, l’événement a choisi Paris comme hôte. Sophie Renaud, coordinatrice générale, responsable du pôle danse à l’Association française d’action artistique, à l’initiative des Rencontres, revient sur les raisons de cette délocalisation et sur la genèse de l’aventure.

Afrik.com : Depuis les premières Rencontres, en 1996 à Luanda (Angola), c’est la première fois que la manifestation se tient en dehors du continent africain. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce choix ?

Sophie Renaud :
C’est le 10e anniversaire et la 6e édition de ces Rencontres. Il est vrai que, jusque-là, l’événement était itinérant à travers le continent africain. Or pour des questions d’organisation, de logistique, de communication, mais aussi pour disposer de plus de visibilité pour les professionnels, il nous est apparu préférable de changer d’endroit. Cette année, j’ai vraiment souhaité que la manifestation ait une place particulière, en vue d’accroître son développement, et de servir les artistes sélectionnés. Le but est de s’ouvrir. S’ouvrir à de nouveaux talents, s’ouvrir à de nouveaux publics, plus vaste, plus diversifiés. Nous avons eu la possibilité de déplacer les Rencontres à Paris qui nous apparaissait comme une vitrine profitable pour l’événement.

Afrik.com : Quelles ont été les motivations premières d’un projet tel que les Rencontres ?

Sophie Renaud :
L’objectif des rencontres vise à placer la danse contemporaine africaine au plus haut rang, la faire émerger et lui offrir des lieux d’expression, et de rencontres. Auparavant, les artistes ne disposaient d’aucun moyen, d’aucun espace pour montrer leurs travaux. Les Rencontres ont permis de faire exploser la chorégraphie en Afrique. Comme rien n’était mis en place pour la danse, tout était à faire. Avant de danser, il faut une formation, donc des formateurs, des lieux pour travailler, créer…De nombreuses initiatives ont pu naître sous l’impulsion des Rencontres. Les artistes lauréats des concours précédents sont désormais devenus des opérateurs sur le continent. Ils forment, organisent des échanges, des représentations.

Afrik.com : Comment s’opèrent les sélections des compagnies participantes ?

Sophie Renaud :
On lance un appel à candidature sur les réseaux africains, et les compagnies répondent aux candidatures par vidéos. On s’y prend environ un an à l’avance, à travers les centres culturels régionaux, les opérateurs culturels africains… Parallèlement, je sillonne les scènes des festivals africains afin de pouvoir me rendre compte de la qualité des créations en live. Les critères de sélectivité sont déterminés par les membres du jury. C’est autant la qualité chorégraphique que l’émotion qui en émane, la mise en scène, le jeu des artistes qui les influencent.