27 personnes tuées dans un triple attentat en Egypte

Vingt sept personnes ont été tuées, selon un bilan provisoire, dans le triple attentat qui a frappé jeudi soir la station balnéaire de Taba, en Egypte, à la frontière israëlienne. La ville était particulièrement fréquentée par des touristes israëliens qui profitaient d’une période de fête dans leur pays. Les services secrets israëliens avaient mis en garde leurs ressortissants contre tout séjour dans le Sinaï, depuis des semaines, à la suite d’alertes « spécifiques ».

Israël a été frappée en Egypte, jeudi soir, à travers une série d’attentats dont le déroulement reste à cette heure confus. C’est la station balnéaire de Taba, située à quelques kilomètres de la frontière israëlienne, qui a été visée, à travers ce qui apparaît être un triple attentat à la bombe. La radio publique israëlienne, citant des secouristes, fait part d’un bilan provisoire de 26 morts. La plupart des victimes sont des touristes israëliens, nombreux à se rendre dans le Sinaï durant la fête nationale de Souccot. L’Etat hébreu indique que 122 personnes ont été blessées, dont sept se trouvent dans un état grave. Le général Naveh affirme d’autre part que 38 ressortissants israëliens sont portés disparus.

C’est à 22h40, jeudi, que la première bombe a explosé devant l’hôtel Hilton. Il s’agit selon l’officier israëlien d’un camion piégé qui est parvenu à entrer dans le hall de l’hôtel, provoquant l’effondrement de dix étages d’une aile du bâtiment se sont écroulés. Deux autres bombes auraient explosé plus au Sud, à Ras al-Shatan et Nueiba. Les blessés ont été transportés dans les hôpitaux égyptiens mais également israëliens. Après quelques tracasseries administratives, Le Caire a en effet ouvert ses frontières aux secours israëliens en provenance de la ville d’Eilat, qui fait face à Taba. De nombreux touristes israëliens se sont massés au poste frontière de Taba, provoquant des encombrements, pendant que l’Etat hébreu s’annonçait prêt à évacuer 12 à 15 000 de ses ressortissants présents dans le Sinaï.

L’attentat revendiqué par des groupes inconnus

Le Hamas a « timidement » revendiqué les attentats, dans la nuit, alors que le conseiller à la sécurité de Yasser Arafat assurait que les activistes palestiniens ne pouvaient en être à l’origine. De nombreux spécialistes du Proche-Orient estiment également que le mode opératoire observé ne correspond pas aux groupes palestiniens, qui n’auraient par ailleurs pas les moyens d’organiser de tels attentats. « Selon les premiers éléments connus, il ressort qu’ils (les attentats) correspondent à un acte de terrorisme international version Al-Qaïda », a ainsi estimé le ministre israëlien de la Défense, Zeev Boïm, sur la radio militaire nationale. Il a été rejoint dans son analyse par le ministre des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, qui explique qu’« Al-Qaïda menace tous les pays, y compris les Etat arabes qui, selon ces terroristes, entretiennent des relations trop étroites avec le monde occidental ou Israël… »

Deux groupes, jusque là inconnus, ont revendiqués les attentats.. « Quatre de notre martyrs fraternels ont effectué cette opération héroïque », affirment les Brigades islamiques de l’unification (Tawhid islamic Brigades), sur un site Internet généralement utilisé pour les revendications d’attaques menées en Irak ou en Arabie saoudite, explique Xinuhanet. « Nous avons réussi à infiltrer l’un des pires nids de prostitution et de corruption », ajoute le mouvement, qualifiant l’Egypte, qu’il menace de nouvelles actions, d’« espion des Etats-Unis ». Un autre groupe, la Jamma Al-islamiya Al-Alamiya, ( Groupe islamique mondial), a également contacté une agence de presse internationale, à Jérusalem, pour revendiquer les explosions.