14èmes championnats d’Afrique d’athlétisme

Les 14èmes championnats d’Afrique d’athlétisme se sont déroulés du 14 au 18 juillet dernier, à Brazzaville, en l’absence de nombreuses stars du continent mais dans des stades pleins. L’Afrique du sud termine à la première place au tableau des médailles, devant le Kenya et le Nigeria, qui confirment leur prééminence sur le fond et le sprint continental.

Brazzaville accueillait du 14 au 18 juillet dernier les 14èmes championnats d’Afrique d’athlétisme. L’Afrique du Sud termine la compétition à la première place, après avoir engrangé 30 médailles, dont dix d’or. Le Kenya, intouchable sur les épreuves de fond, prend la seconde place avec 19 médailles (7 d’or), suivi du Nigeria, impérial sur le sprint, qui repart avec 7 médailles (4 d’or). Comme souvent, de nombreuses stars du continent ont snobé l’épreuve : Maria Mutola, Franckie Fredericks, Hicham El Guerrouj, Kenenisa Bekele ou encore Hailé Guebresselassié ne se sont pas déplacés. « Il faut généralement beaucoup négocier avec eux pour qu’ils viennent. Certains demandent de l’argent. Et ils ne donnent aucune raison lorsqu’ils ne viennent pas. De plus, cette année, les championnats d’Afrique se déroulaient trois semaines avant les Jeux Olympiques, et de nombreux athlètes craignaient de se blesser à une si courte échéance des olympiades », explique Emmanuel Kaba, journaliste à la radio nationale congolaise.

« Néanmoins, poursuit Emmanuel Kaba, également collaborateur de la fédération congolaise d’athlétisme, la compétition a été de bonne qualité, puisque huit records du championnat et un record d’Afrique, au javelot, ont été battus. » Autre agréable surprise, la présence en nombre des Brazzavillois au stade. « Ce fut la plus grosse surprise, s’enthousiasme Emmanuel Kaba. Nous avions des craintes de ce côté, car l’affluence fait parti des exigences de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA). Le plus étonnant est que les Brazzavillois se soient déplacés alors que le pays ne compte pas de star en athlétisme. Le stade était toujours bien remplis, et dimanche, pour la clôture, les 27 000 places assises étaient toutes occupées. »

Les rois de la piste

Autant de supporters qui ont assisté à la démonstration de force de l’Afrique du Sud. La nation arc-en-ciel, qui a raflé 10 médailles d’or, 12 d’argent et 8 de bronze, a la particularité de diversifier ses spécialités. Ses 10 médailles d’or ont ainsi été acquises dans des épreuves aussi diverses que le 400 mètres haies (hommes et femmes), le 200 mètres (F), le disque (H et F), le javelot (H et F), le marteau (H) ou encore la hauteur (F). Dans cette dernière épreuve, la jeune championne du monde en titre, Hestrie Cloete, n’a pas eu à tutoyer son record personnel, situé à 2,06 mètres, et s’est contentée d’un petit 1,95 m.

Cette variété, le Kenya et le Nigeria ne la connaissent pas. Mais les deux grandes nations de l’athlétisme africain gardent la mainmise sur leurs domaines de prédilection respectifs : le fond et le sprint. Les Kenyans ont ainsi remporté le 800 mètres masculin, le 1 500 m (H et F), le 3 000 m et le 10 000 m masculins, ainsi que les deux 20 000 m ! Seule l’Ethiopie a pu sérieusement concurrencer le pays d’Afrique australe, en remportant les deux 5 000 m et le 10 000 m féminin. A l’inverse, personne n’a pu inquiéter le Nigeria sur l’épreuve reine du 100 m, où le pays a remporté ses quatre médailles d’or. Soji Fasuba s’est ainsi imposé chez les hommes, dans un temps relativement lent de 10’21 », alors qu’Endurance Kojokolo, la mal nommée, l’emportait chez les femmes en 11’33 ». Un chrono qui se situe également loin des standards internationaux, et notamment de la deuxième meilleure performance de l’année, réalisée ce week-end par la Française Christine Arron en 10’95 ». Ce qui n’a pas empêché les Nigérians de s’imposer sur les deux 4X100 m.

Le Congo, pour sa part, a dû attendre samedi pour fêter sa première… et unique médaille de la compétition. Une médaille en bronze rapportée par un jeune décathlonien de 18 ans, Moussambote Kengue, qui s’entraîne en France et est devenu depuis le Dieu du stade Alphonse Massamba.