10e édition du FIMA : « L’Afrique est en train de devenir ce que nous voulons »

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La 10ème édition du Festival international de la mode en Afrique (FIMA), créé par le créateur de mode Alphadi, se tiendra du 25 au 29 novembre au Niger, sous le thème de « l’Education, industrie pour une Afrique de métissage et de paix ». En compagnie de plusieurs ambassadeurs du Niger, Alphadi a donné une conférence de presse à l’Unesco, ce jeudi matin, pour parler de cette nouvelle édition qui promet visiblement d’être riche à l’occasion des 20 ans du Festival.

L’Unesco est particulièrement animée et bondée de monde, ce jeudi 18 juin 2015. De nombreux journalistes, mais aussi de grandes personnalités, sont venus nombreux et des quatre coins de la planète : Europe, Afrique, pour assister à la conférence de presse de la 10ème édition du Festival international de la mode en Afrique. Créé en 1998 par le créateur nigérien Alphadi, surnommé aussi le magicien, le FIMA qui n’est plus à présenter va souffler ses 20 bougies lors de cette 10ème édition, du 25 au 29 novembre, à Niamey, au stade du général Seyni Kountché. Le Festival a lieu tous les deux ans.

Un FIMA avant l’heure!

Vêtu élégamment de ses vêtements traditionnels, comme d’habitude, Alphadi est très applaudi lorsqu’il se présente face à ses hôtes en compagnie de plusieurs ambassadeurs du Niger. Le créateur nigérien réserve un accueil chaleureux à tous, avec un grand sourire, et des poignées de mains franches, des bises, ou encore accolades. Le ministre de la Culture de la République de Guinée, arborant fièrement son boubou en basin bleu, a même fait le déplacement. Avec un mini-défilé de magnifiques mannequins longilignes, c’est un FIMA avant l’heure, en avant-première, que présente Alphadi au public pour lui donner d’ores et déjà un aperçu de ce que sera le Festival.

Des artistes comme la cantatrice Nathalie Leonoff, après avoir chanté l’hymne national du Niger ou encore Celya Johnson, entonnant de sa voix puissante des chants en hommage au FIMA, font vite sensation. Un autre hôte à cette conférence de presse marque particulièrement les esprits; le jeune étudiant nigérien, Galadima Djadi, qu’Alphadi présente à la salle en lui faisant signe de se lever. Originaire d’une grande école en informatique, alors qu’il vient du fin fond d’un petit village du Niger, sans eau courante, ni électricité, ni route, il a brillamment réussi ses concours en France en décrochant la note de 23 sur 20 en mathématiques. Le FIMA, c’est tout cela, c’est aussi un moyen de contribuer au développement du continent et à la transformation de la vie des populations au Niger, selon son créateur.

Le FIMA lance la première école de mode et des arts en Afrique!

Cette dixième édition sera particulièrement riche, promet Alphadi qui annonce d’entrée les nouveautés telle que la création de l’école supérieur de la mode et des arts (ESMA). « Il s’agit d’un centre de référence internationale en matière de formation et de promotion dans le domaine de la mode et des arts, constituant un outil fondamental dans l’élan de l’intégration africaine », selon le styliste nigérien. Ce projet est accompagné par le gouvernement du Niger, qui a mis en place un budget pour sa concrétisation. Il s’agira de la première université de mode et arts en Afrique, qui fera 3000 mètres carrés. Trois millions de dollars seront nécessaires à sa construction, explique Alphadi.

« Le FIMA a toujours le même objectif, chaque édition ; célébrer la paix, la culture, un moyen incontournable pour instaurer la paix et la développer », rappelle Alphadi. Il annonce également la présence de la chanteuse nigériane du moment, Yémi Yalade, tout comme de nombreux jeunes créateurs du continent qui présenteront leurs œuvres. Si ces derniers souhaitent y participer, ils doivent envoyer leur dossier à l’adresse du bureau de le FIMA, en France ou au Niger. Dix d’entre eux seront alors sélectionnés pour se rendre au Niger et présenter leurs créations.

Pour Alphadi, « le FIMA sera aussi l’occasion de montrer que l’Afrique peut et a de la valeur. Le FIMA aussi a sa part pour créer des emplois. Je pense que l’Afrique est entrain de devenir ce que nous voulons ».