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Cameroun - Guinée équatoriale - Mozambique - Diplomatie - Femmes - Droits de l’Homme
Protocole de Maputo : l’avis de la Reine Anne HEDJE

La Reine Anne HEDJE est la Présidente de l’Association "Kum Memfo" ("Reines sans frontières", association créée en 2013 et regroupant les Reines de nombreuses localités camerounaises. Son association milite depuis quelques années pour influer sur les politiques publiques en plusieurs domaines, culturels ou sociétaux. Interview découverte d’une femme... hors du commun.

Afrik.com : Reine HEDJE Anne , qu’est-ce que le KUM MEMFO ?

Reine HEDJE Anne : KUM MEMFO « Reines Sans Frontières » est une association apolitique créée en 2013. Elle regroupe en son sein, les reines des différents villages de notre pays.

Afrik.com : Quel est le but de votre organisation ?

Reine HEDJE Anne : Notre Organisation a pour but de promouvoir d’une part nos us et coutumes et d’autre part les droits de la femme et de la fille.

Afrik.com : Quel mécanisme avez-vous mis en place pour pouvoir atteindre vos objectifs ?

Reine HEDJE Anne : Notre cadre d’action s’insère dans le respect du Protocole de Maputo. Pour atteindre nos objectifs, nous menons des actions sociales (assistance aux membres endeuillés, aux victimes de la société et aux nécessiteux), nous organisons des causeries éducatives et des séminaires ateliers de renforcement de capacité. Après le séminaire du 30 novembre 2016 à l’Hôtel Akwa Palace de Douala, nous irons rencontrer les Chefs traditionnels, les Notables, les groupes et mouvements associatifs afin de vulgariser et plaider pour la prise en compte du Protocole de Maputo dans tous les domaines et à tous les niveaux. C’est en préparation de notre descente sur le terrain que nous avions jugé nécessaire d’organiser le séminaire de renforcement de capacité avec pour thème : « Les Reines, Socle de la Paix Sociale et du Progrès ».


Pour mémoire l’article 2 du Protocole de Maputo est ainsi rédigé :

"1. Les États combattent la discrimination à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, en adoptant les mesures appropriées aux plans législatif, institutionnel et autre. A cet égard, ils s’engagent à :

a) inscrire dans leur Constitution et autres instruments législatifs, si cela n’est pas encore fait, le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, et à en assurer l’application effective ;

b) adopter et à mettre en œuvre effectivement les mesures législatives et réglementaires appropriées, y compris celles interdisant et réprimant toutes les formes de discrimination et de pratiques néfastes qui compromettent la santé et le bien-être général des femmes ;

c) intégrer les préoccupations des femmes dans leurs décisions politiques, législations, plans, programmes et activités de développement ainsi que dans tous les autres domaines de la vie ;

d) prendre des mesures correctives et positives dans les domaines où des discriminations de droit et de fait à l’égard des femmes continuent d’exister ;

e) appuyer les initiatives locales, nationales, régionales et continentales visant à éradiquer toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme.

2. Les États s’engagent à modifier les schémas et modèles de comportement socioculturels de la femme et de l’homme par l’éducation du public par le biais des stratégies d’information, d’éducation et de communication, en vue de parvenir à l’élimination de toutes les pratiques culturelles et traditionnelles néfastes et de toutes autres pratiques fondées sur l’idée d’infériorité ou de supériorité de l’un ou l’autre sexe, ou sur les rôles stéréotypés de la femme et de l’homme. "

(Le Protocole de Maputo date de 2003 et il a été signé et ratifié par 36 pays africains de l’ouest, du centre et du sud de l’Afrique, il est attente de signature ou de ratification dans 18 pays du nord, du Sahel ou de l’est de l’Afrique)



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