Mali : démission du Premier ministre et hantise d’un coup d’Etat


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Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra, a officialisé ce mardi matin sa démission, à la suite de son arrestation par des soldats de l’ex-junte militaire, toujours dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, alors qu’il s’apprêtait à se rendre en France. Le chef du gouvernement malien prône une intervention militaire, menée par la Cedeao avec notamment l’appui de la France, au Nord-Mali. Tandis que les ex-rebelles qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré, le 22 mars dernier, s’opposent à tout déploiement d’une force étrangère au Mali. Même si ces derniers réfutent toute tentative de coup d’Etat.

Cheick Modibo Diarra a démissionné. Le Premier ministre malien a quitté ce mardi matin son poste de chef du gouvernement. Et pour cause ? Son arrestation à Bamako par les soldats de l’ex-junte militaire, toujours dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo, alors qu’il s’apprêtait à se rendre en France.

« Moi Cheik Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement », a déclaré Cheick Modibo Diarra dans un communiqué diffusé à l’Office de radio-télévision du Mali (ORTM), en souhaitant que « la nouvelle équipe » qui prendra sa place remplisse pleinement ses fonctions.

Le Premier ministre malien « a été conduit à Kati, ville de garnison située à l’extérieur de Bamako, qui sert encore de quartier général à l’ancienne junte », fait savoir LePoint.fr. Une information à vérifier, une chose est sûre : l’ex-junte jubile. « Ce n’est pas un nouveau coup d’Etat », a affirmé sur France 24 M. Mariko, selon qui Cheick Modibo Diarra n’a pas agi en « homme de devoir » en ne cherchant pas à résoudre la crise malienne mais en fonction d’« un agenda personnel ». « Le Premier ministre sera remplacé dans les heures qui viennent par le président de la République », a-t-il précisé. Selon LePoint.fr, qui cite les observateurs, les soldats du capitaine Sanogo reprochent aussi au Premier ministre de constituer une base électorale en vue de la prochaine élection.

Le chef du gouvernement malien prône une intervention militaire, menée par la Cedeao avec notamment l’appui de la France, au Nord-Mali. Il s’est, d’ailleurs, récemment rendu à Paris pour discuter des modalités du soutien logistique de la France. Tandis que les ex-rebelles qui ont renversé le président Amadou Toumani Touré, le 22 mars dernier, s’opposent à tout déploiement d’une force étrangère au Mali. Même si ces derniers réfutent toute tentative de coup d’Etat.

Les autorités maliennes attendent un aval de l’ONU pour lancer l’opération militaire contre les islamistes armés qui occupent depuis neuf mois maintenant le Nord-Mali. Même si le dispositif opérationnel armé de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est prêt, les Nations unies, notamment son secrétaire général Ban Ki-moon, s’inquiètent des « conséquences dangereuses » d’une telle guerre, en territoire désertique semblable à l’Afghanistan et miné par les trafics en tout genre, qui risque de se transformer en désastre humanitaire.

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