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La radio, média chouchou des Africains

Ce mercredi 13 février, pour la première fois, une journée mondiale est consacrée à la radio afin de rendre hommage à ce vieux média, compagnon de route de plusieurs millions d’auditeurs. Et les Africains comment perçoivent-ils les ondes ? Y sont-ils toujours attachés malgré le développement de l’Internet et de la télévision ? Tour d’horizon.

Elle ne nous empêche pas de faire l’amour. Ni de cuisiner. Encore moins de conduire. On peut aisément l’écouter en faisant toutes ces activités à la fois. « La radio c’est magique », disent les amoureux des ondes. Ce vieux média est, il est vrai, spécifique. Tellement spécifique que l’Unesco a décidé de créer une journée mondiale de la radio, célébrée pour la première fois ce mercredi 13 février 2013. Date mémorable puisque c’est le 13 février 1945 que l’Onu a créé sa propre radio. L’objectif, rendre hommage à ce moyen de communication, compagnon de route de millions d’auditeurs dans le monde.

Et en Afrique quelle relation entretient-on avec la radio, malgré l’avènement de l’Internet et du développement de la télévision ? La radio a une place prépondérante dans les régions les plus reculées du continent. Néanmoins, même si la télévision a pris le dessus dans les grandes mégalopoles, les ondes n’en restent pas moins prisées par nombre d’Africains.

Au Sénégal, par exemple, difficile de se promener dans les rues de Dakar sans voir des commerçants, jeunes, vieux, munis de petites radios, en train d’écouter de la musique où des émissions sur la religion, société.... Les ondes sont aussi présentes dans les bus, taxi, boutiques...

La radio, un exutoire

« La radio est considérée au Sénégal comme un compagnon de route de tous les jours », explique Alassane Samba Diop, directeur de la première radio sénégalaise RFM. Selon lui, « les Sénégalais entretiennent une relation très intime et puissante avec la radio. Sans la radio, la situation serait pour beaucoup de personnes encore plus dramatique ». En effet, « la radio est un exutoire, un moyen pour les gens de déverser leur colère. Elle sert aussi à renforcer les liens sociaux. Sur RFM, nous lançons régulièrement des appels à la solidarité pour soutenir les plus démunis. Et cela marche car beaucoup de personnes se mobilisent pour les aider », affirme Alassane Samba Diop.

Ces dernières années, la radio a connu une évolution très importante dans le pays de la Téranga, constate le directeur de RFM. « Les entrepreneurs chinois, qui se sont installés au Sénégal, l’ont miniaturisée, réduisant les coûts d’achats. Il est possible d’avoir une radio à 1000 Fcfa ou 2000 Fcfa. »

Un média roi dans les régions les plus reculées

Même son de cloche pour le Mali, où les ondes jouent un rôle très important, selon Fousseyni Sanogo, journaliste au sein d’une radio locale à Bamako. « Comme la télévision n’est pas disponible partout pour des raisons d’électricité, beaucoup de personnes s’informent encore avec la radio dans l’intérieur du pays », explique-t-il. « Le Mali a surtout opté pour une politique de radio de proximité, précise-t-il. Les principaux messages sont véhiculés par la radio. Actuellement avec la guerre qui se déroule dans le pays, des conseils sont prodigués aux populations à la radio pour assurer leur sécurité. »

Les Algériens, eux, notamment ceux vivant dans les grandes villes, semblent moins portés par les ondes. « Ils n’écoutent pas vraiment la radio, mais préfère plutôt s’informer à la télévision, où lire les journaux », affirme Mohamed, journaliste dans un journal étatique. Une tendance due à « l’ouverture du champ audiovisuelle en octobre 88 », note Ferhat Zafane, directeur du journal Les Dépêches de Kabylie. Avec ce bouleversement, des radios privées ont vu le jour mais elles n’ont pas drainé un engouement très important. Il y a un nombre très important de radios locales en Algérie. Chaque Wilaya a sa radio. Mais elles ne drainent pas beaucoup d’auditeurs. Malheureusement trop de radio tue la radio ! »

Au contraire, à Madagascar tout comme en République démocratique du Congo (RDC), c’est dans les zones rurales que le média est roi. on évoque même le terme de « radio rurale ». Les ondes constituent l’un des seuls moyens de s’informer encore pour la majorité des populations qui n’ont pas accès facilement à l’électricité.

Les radios locales sont particulièrement nombreuses en RDC. Leur nombre est estimé à environ 3000. Selon Jean-Louis Kassamba, directeur de la chaîne publique congolaise, « c’est un média qui permet d’atteindre tout le monde. Les pouvoirs publics d’ailleurs privilégie l’information radiophonique pour diffuser leur message. Avec l’instabilité du pays, les militaires en mission s’informent en temps réel grâce à la radio ». Preuve que les ondes ont toujours des échos positifs dans le continent.


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