29 avril 2017 / Mis à jour à 18:28 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
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Congo : Agnès Ounounou, du sens de l’engagement

C’est une personnalité connue quasiment des Congolais de l’étranger en général et de ceux de France en particulier. Celle que l’on surnomme « Mama Diaspora », Agnès Ounounou, vit en France depuis bientôt quatre décennies et n’hésite pas à aller partout où résident les Congolais, de Paris à Casablanca en passant par Cotonou, Johannesburg, etc. En parallèle à sa vie professionnelle, elle s’est investie dans des activités humanitaires et humanistes. Dans quelques jours, elle sera à Brazzaville dans la perspective des élections législatives à venir, comme pour donner un nouveau sens à ses multiples engagements.

Ni emphase ni paraphrase. Quand « Mama Diaspora » évoque le mot « engagement », les phrases deviennent autres, des volutes de fumées opiacées. Enivrantes. Son débit phraséologique est sobre, presque monocorde. C’est qu’Agnès Ounounou compare le mot « engagement » à un long fleuve alimenté par d’autres cours d’eau. Entendez : les combats antérieurs, non pas qui se juxtaposent mais se superposent. La famille, la religion, l’humanitaire et, désormais, la politique, sont autant de signes, de balises qui lui dévoilent le chemin de l’histoire. Oui, l’action militante est transitive. Chez Agnès Ounounou, le complément d’objet a une importance capitale. « Tous nos efforts ne doivent avoir pour finalité que la sacralisation de l’homme », dit-elle sans se départir du ton calme qui la caractérise. Et de poursuivre : « Le seul mot de passe qui vaille, c’est l’homme. Et l’engagement, quel qu’il soit, n’a de sens que si l’on s’occupe vraiment de l’homme, je veux dire de son épanouissement intellectuel et matériel. Le reste n’est que littérature et poursuite du vent. » Suivez son regard : la philosophie de l’humanisme n’est pas loin. Pour Agnès Ounounou, le mot « engagement » comporte plusieurs dimensions : il est l’autoroute de la découverte de soi ; il se vit dans le présent et qu’il est, finalement, politique, du moins citoyen.

Une vie associative bien remplie

Dans cette perspective, elle ira à la rencontre de ses compatriotes de Makélékélé. Echanger avec eux sera la tâche du quotidien. D’abord, ces échanges serviront de miroir, un moyen de se découvrir une fois de plus. Ensuite, ces échanges nourriront la matière de son projet, si tenté que les conditions d’une candidature aux élections législatives soient réunies. Car, même au loin, elle mesure l’étendue des difficultés. Toutefois, elle tentera quelque chose. Et sait qu’il lui appartient de démolir les haies du doute et de l’obstacle.

Parmi ses idées fortes, le statut juridique à l’ESS (Economie sociale et solidaire) en Afrique en général, et au Congo en particulier. Ce projet que Mama Diaspora a mis sur pied, dans le cadre de ses activités humanitaires, consiste à responsabiliser et à rendre indépendants les créateurs d’entreprises, grâce à des dons multiples. « A fortiori, l’assistanat rend les gens dépendants des structures de l’Etat ou non gouvernementales. Je crois plutôt en la responsabilisation du créateur d’entreprise, grâce à des aides participatives et citoyennes », estime-t-elle. Dans ce sens, Agnès Ounounou a créé ESACE (une association de solidarité internationale).

Par le passé, elle a eu à gérer une entreprise spécialisée dans l’esthétique et la coiffure, avant de se reconvertir dans l’insertion professionnelle des jeunes des quartiers défavorisés. L’Etat français, via la Directive 93, ainsi que le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis, lui ont fait signer des Conventions dans le domaine médico-social et de l’aide à domicile. Et, aujourd’hui, elle emploie une trentaine de personnes sur l’Ile-de-France.

« Ecouter, décider et agir » constituent, en fait, le crédo de Mama Diaspora. Une expérience qu’elle veut prolonger dans son pays natal. Ne cite-t-elle pas ce sociologue qui pense que s’engager ou « militer », c’est sacrifier le présent à l’avenir, ce monde-ci à « l’autre », le vrai, le parfait, le seul au fond qui vaille la peine d’être pleinement vécu » ?



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