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Cameroun - Education - Religion - Famille - Enfance
Cameroun : Le Collège Libermann célèbre ses 60 ans

Fondé en 1952 à l’initiative de Mgr BONNEAU, premier Evêque de Douala, le collège Libermann a soixante ans en cette année 2012.

Soixante ans au service de l’éducation, de la formation intellectuelle, spirituelle et humaine ; bref, soixante ans au service de la formation intégrale de la jeunesse non seulement africaine, mais aussi occidentale, latino-américaine et orientale. Soixante ans au cours desquels la communauté éducative s’est appliquée au travail et à la discipline. Soixante ans de dévouement des enseignants, du personnel administratif et technique, des parents et des bienfaiteurs. Soixante ans de présence divine qui fait croître la graine des pionniers.

Initialement dirigé par les Spiritains sous la conduite du Père Boulanger, décédé en janvier de cette année 2012, le Collège Libermann est depuis 1957 confié à la Compagnie de Jésus. Avec les Jésuites, le Collège Libermann va connaître une nouvelle impulsion favorisée par la mise en pratique de la pédagogie Ignacienne et tirée de l’expérience d’Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus. La première équipe des Jésuites (purement occidentale), dès cette reprise, était composée du Père Luc-Antoine Boumard comme Recteur, du Père Jean Geli comme Préfet des Etudes, du Père Charles Jacquet comme Père Spirituel, du Père Bureau, du Père Eric De Rosny et du Frère Venard comme professeurs. Leur mission : continuer l’œuvre commencée par les Spiritains. Du point de vue de ses élèves, le collège se constitua d’abord avec un premier cycle, puis le second en 1956.

Les premiers bacheliers sont présentés en 1960 : 100% en série Philosophie et 46% en série Mathématique. A cette date, le collège n’était constitué que de garçons. Il faudra attendre l’arrivée du Père Meinrad Hebga, en 1968, comme premier Recteur africain, pour que les filles y soient admises, mais à partir du second cycle. Ce n’est qu’en 1975 qu’elles seront admises dès la 6ème, sous l’impulsion du deuxième Recteur africain, le Père Vincent Foutchantse. Les sœurs Martine Henric et Antonnetta Van Winden du collège Saint-Esprit, voisin au Collège Libermann, vont travailler à cette intégration des filles, d’autant plus que l’internat ouvert quelques années avant, sera fermé au cours de la même année, en 1975.

Soixante ans après sa fondation, le Collège Libermann, actuellement dirigé par une équipe complètement africaine, continue à se distinguer dans l’excellence mais doit faire face à de nombreux défis liés à la société actuelle : le renversement en termes de sexes (environ 1000 filles pour 800 garçons), les mutations sociales, l’influence des médias et des N.T.I.C., l’éthique marchande de la société contemporaine… Toujours est-il que former l’Homme leader dans le service, l’Homme réconcilié avec Dieu, avec les autres et avec la création, demeure le credo de la pédagogie Ignacienne du Magis que le Collège Libermann se doit de suivre. C’est précisément la raison pour laquelle les festivités marquant son soixantième anniversaire sont placées sous le thème général : « Collège Libermann : soixante ans à la quête du Magis. Le mot Magis (d’origine latine) en lui-même, renvoie au mot français « davantage ». Il est pour la Spiritualité Ignacienne le socle fondamental et l’horizon de tout projet qui doit avant tout viser l’excellence. Démarche de discernement en vue de choisir toujours ce qui concoure au plus grand bien, au plus grand service de l’humanité, et surtout à la plus grande gloire de Dieu.

Dès lors, au-delà d’un simple bilan, une question de fond semble se poser : suite à l’explosion démographique et à la forte demande d’une éducation de qualité, comment continuer à offrir à un plus grand nombre de jeunes et surtout dans les conditions les meilleures cet héritage de recherche de l’excellence et du Magis ? Comment continuer la mission d’évangélisation confiée aux Jésuites et à leurs collaborateurs ? Après soixante ans, il est indéniable qu’on entre dans l’âge de la maturité et de la sagesse. Et c’est sans doute celui qu’a atteint le Collège Libermann aujourd’hui. Cependant qu’est-ce qui contribuerait le mieux à consolider le travail des illustres devanciers en termes de créativité et d’innovation ? C’est probablement l’une des convictions qui a conduit la Compagnie de Jésus à décider de la création d’un autre collège ici à Douala en 2013.

Les festivités, dont la cérémonie de lancement a connu la présence d’un fort parterre de personnalités dans l’enceinte du Collège Libermann le 30 juin 2012, fermeront leurs rideaux en février 2013 avec l’inauguration d’un nouveau bâtiment.



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