16 décembre 2017 / Mis à jour à 07:53 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Cameroun - Homosexualité - Justice - Droits de l’Homme - Discrimination
Assassinat d’Eric Lembembe : enquête bâclée par la police ?
Eric Lembembe, militant de la cause homosexuelle
L’assassinat d’Eric Lembembe, survenue ce lundi, à Yaoundé n’a pas fini de susciter la polémique. Et pour cause, les avocats du militant camerounais accusent, ce jeudi, la police camerounaise d’avoir bâclé l’enquête.

Les avocats du militant camerounais des droits des homosexuels, Eric Lembembe, accusent la police d’avoir bâclé l’enquête. Selon eux, la police n’a « rien fait pour collecter d’éventuels indices sur le corps de la victime. Les avocats déplorent une enquête bouclée trop rapidement sans autopsie, sans prise de photos, ni recueil d’indices. Son avocate, Alice Nkom estime que « personne n’a relevé tout ce qui devait rester pour permettre une investigation sérieuse et crédible ». Cela, pour elle, diminue l’espoir de retrouver les coupables de cet assassinat. Jeudi, des membres de la famille de la victime se sont rendus à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé, mais une responsable de l’hôpital leur a expliqué qu’il était impossible pour le moment de voir le corps.

Le corps sans vie d’Eric Lembembe a été retrouvé, ce lundi, à son domicile, à Yaoundé, la capitale camerounaise. Il a vraisemblablement été victime d’un acte de torture, car ses membres ont été brisés, son visage et ses mains brûles avec un fer à repasser. Ce drame survient quelque semaine après qu’il ait lancé un avertissement public sur la menace posée par les « voyous anti-gays ». De plus, il avait reçu de nombreuses menaces de mort ces dernières semaines, en couvrant les événements survenus à l’encontre des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels du Cameroun (LGBT), pour le journal en ligne Erasing 76 Crimes.

De nombreuses ONG dénoncent régulièrement les arrestations et emprisonnements de personnes homosexuelles au Cameroun, de même que les nombreuses pressions et menaces à l’égard des défenseurs de leurs droits. Visiblement, les autorités camerounaises, en dépit de la menace ferme des Etats-Unis et de l’Union européenne de suspendre l’aide octroyée aux pays qui ne parviennent pas à abroger la législation qui interdit les actes homosexuels, campent sur leur position.



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