24 octobre 2014 / Mis à jour à 08:28 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
dossier : Excision

Mali - Sénégal
59 villages sénégalais et maliens abolissent l’excision
Des femmes représentant 59 villages, 52 sénégalais et 7 maliens, ont officiellement procédé dimanche à Kidira, non loin de la frontière sénégalo-malienne, à une déclaration publique d’abandon de l’excision et des mariages forcés ou précoces.

"Nous nous engageons à mettre un terme à la pratique de l’excision et des mariages précoces et forcés. Notre décision vise à contribuer au mouvement national en faveur de la défense des droits humains, et à la promotion de la santé de la femme", ont déclaré solennellement les femmes en langues bambara, soninké, pulhar et français.

Organisée par l’ONG TOSTAN et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), cette cérémonie de déclaration publique de l’abandon des Mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages précoces et forcés a été ponctuée de chants, danses et sketches qui dénoncent ces pratiques.

"Cette déclaration entre dans le cadre de la mise en oeuvre du plan national d’action pour l’abandon de la pratique des MGF sous l’égide du ministère sénégalais de la Femme, de la Famille et du Développement social", a affirmé le représentant-résident de l’UNICEF au Sénégal, Ian Hopwood.

Une prise de décision communautaire

Il a souligné que la déclaration du dimanche dernier est l’aboutissement d’un long processus. "Cet événement résulte d’un processus de prise de décision communautaire initié par des femmes ayant suivi des cours d’éducation aux droits humains. Ces femmes ont été appuyées par les chefs religieux et traditionnels, les autorités administratives et sanitaires", a fait remarquer Ian Hopwood.

Selon la directrice de TOSTAN, Molly Melching, la Déclaration de Kidira revêt un caractère important parce qu’elle concerne des villages de deux pays qui partagent certaines traditions et coutumes. "C’est la première Déclaration publique internationale d’abandon de l’excision et des mariages forcés et précoces" , a précisé Molly Melching.

"Si on abandonne l’excision à Kidira, et qu’on ne le fait pas chez nous, cela ne servirait à rien puisque c’est la même population", a estimé Oumou Traoré, l’une des responsables des délégations des 7 villages maliens qui sont situés dans la commune rurale de la Falémé.

Selon des documents de l’ONG TOSTAN, 1679 communautés sénégalaises ont abandonné l’excision, soit près de 33% des 5.000 qui la pratiquaient en 1997.

On rappelle que de nombreux traités et conventions internationaux condamnent les MGF qu’ils considèrent comme des "pratiques traditionnelles nuisibles à la santé de la femme".

Il s’agit notamment de la convention sur les droits de l’enfant (CDE), de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes (CEDEF), de la charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant, de la charte africaine sur les droits humains et ceux des populations et du protocole additionnel sur les droits des femmes dit protocole de Maputo.

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Pratique culturelle controversée, l’excision rencontre de nombreux détracteurs qu’ils considèrent comme une atteinte à l’intégrité physique et à l’intimité des femmes. Un combat mondial s’est engagé sur la question pour mettre fin à cette tradition.


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