22 septembre 2017 / Mis à jour à 07:36 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Mali - Pan Afrique - Musique
Ali Farka Touré est mort
L’artiste malien laisse la musique africaine orpheline. Ali Farka Touré est mort mardi, à 67 ans, des suites d’une longue maladie. L’artiste autodidacte malien, considéré comme l’un des plus grands guitaristes de la planète, avait attendu l’âge de 37 ans pour sortir son premier album. Il avait rapidement connu la consécration, enchaînant les expériences aux quatre coins du monde, tout en restant proche de son pays et de sa terre, au sud de Tombouctou.

John Lee Hooker, Ry Cooder, Taj Mahal, Toumani Diabaté sont quelques uns des musiciens qui ont eu la chance de se produire avec Ali Farka Touré, décédé mardi, à Bamako, des suites d’une longue maladie. Elevé en milieu agricole, le jeune Ali Ibrahim Touré, né en 1939, ne va pas à l’école mais fait preuve d’une grande curiosité intellectuelle et s’intéresse aux instruments de musique traditionnels maliens. Selon la légende, c’est en assistant à un concert du chanteur guinéen Fodeba Keïta qu’il attrape le virus de la musique. Chauffeur de taxi, Ali Ibrahim apprend alors à jouer de la guitare sur l’instrument d’un collègue, et doit attendre un passage à Sofia, en Bulgarie, à l’occasion d’une tournée avec son groupe la « Troupe 117 », pour s’offrir la sienne.

Deux Grammy Awards

Ali n’est pas allé à l’école française mais son amitié avec le grand écrivain malien Amadou Hampaté Bâ vaut toutes les écoles. C’est avec lui qu’il se rend en France - mais n’y reste pas - après la sortie et le succès de son premier disque, « Farka » (qui signifie âne, symbole de la robustesse pour être le premier des dix enfants Touré à passer l’enfance), en 1976. S’ensuit une décennie de disques et de tournée, dont un concert dans le stade de Wembley, à Londres, en 1987, où Ali Farka Touré se produit devant 18 000 spectateurs dans le cadre d’un festival. En 1991, il a l’occasion de jouer avec celui qui avait été une révélation, pour lui, dans les années 1960, John Lee Hooker. Mais c’est un album en duo avec Ry Cooder, Talking Timbuktu, salué dans le monde entier, qui lui vaut en 1993 son premier Grammy Award. En 1997, le musicien annonce qu’il veut se retirer dans son village de Niafounké, à 1200 Km au sud de Tombouctou, pour y travailler la terre, apporter son aide aux jeunes gens de la région et leur éviter l’exode. Ce qui ne l’empêchera de sortir deux albums, dont un avec le grand joueur de cora, Toumani Diabaté, récompensé d’un second Grammy Award, en février dernier, comme meilleur album traditionnel de musique du monde. Il laisse derrière lui une œuvre intense et le souvenir d’un homme simple, généreux et rempli d’une prodonde sagesse.

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