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Culture - Caraïbes - Musique

Henri Guédon s’en est allé
L’artiste martiniquais était l’un des ambassadeurs de la musique caribéenne en France et dans le monde

L’artiste martiniquais Henri Guédon est mort le 12 février, à Paris, où il vivait, des suites d’une opération du cœur. Né en 1944 à Fort de France, il a été toute sa vie un défricheur de sonorités latin-jazz et un plasticien à la créativité débordante.



mardi 14 février 2006, par Saïd Aït-Hatrit


L’artiste martiniquais Henri Guédon est décédé dimanche 12 février, à Paris, où il vivait, des suites d’une opération du cœur, a annoncé lundi Réseau France Outre-mer. Touche à tout de la musique et des rythmes caribéens, du jazz au zouk, en passant par la Salsa, Henri Guédon pratiquait également la peinture et la sculpture avec talent dans son atelier parisien. Le percussionniste avait fêté l’anniversaire de son début de carrière le 14 octobre 2004, dans la mythique salle du New Morning, à Paris, entouré comme il a toujours su l’être des meilleurs musiciens de jazz, tels le percussionniste Lukmil Perez, le bassiste Felix Toca, le saxophoniste Allen Hoist ou le chanteur Frankie Vazquez.

« C’était un croisement de tout, il ne jetait rien »

C’est d’abord sur son en île, la Martinique, où il est né le 22 mai 1944, à Fort de France, que le jeune homme s’est essayé à la musique. Il créé La Contesta, un groupe de six musiciens parmi lesquels le pianiste Paul Rosine, qui allait fonder le célèbre orchestre martiniquais Malavoi. A Paris, où il débarque à vingt ans, Guédon amène avec lui le jazz des Caraïbes et sort l’album Cosmo-Zouk, lançant le mot que Kassav allait populariser au début des années 1980. Toujours friand de nouvelles expériences, il fait un séjour à New York, s’y ressource en jazz, puis revient à Paris fonder un orchestre Latin-Jazz Salsa. Sorti en octobre 2004, l’album « Early latin and boogaloo recordings » (Comet records) compile les meilleurs titres de ce défricheur de sonorités parus dans les années 1960 et 1970.

De la même façon qu’il ne se restreignait pas dans la musique, Henri Guédon à tout embrassé en art plastique, de la peinture à la sculpture, à la pyrogravure et même à la tapisserie. « Tout était matière pour lui à faire de la création », résume Patrick Haziot, ami d’Henri Guédon et directeur de la galerie d’art parisienne Dima, qui l’a exposé pour la première fois en 1990 et la dernière le 21 juin 2004, à l’occasion de la fête de la musique.

« Il avait encore de nombreux projets, malgré la maladie contre laquelle il se battait, depuis sa première crise cardiaque, poursuit Patrick Haziot. Il travaillait sur tous les supports, sur des totems, avec des collages, dans lesquels il laissait éclater la vie. Il y mettait beaucoup de sa culture mais était aussi très ouvert. Il a fait beaucoup de choses autour du judaïsme, la religion de sa femme, et d’une manière générale autour de la spiritualité et de toutes les religions. C’était un croisement de tout, il ne jetait rien. »

Quelques oeuvres plastiques de Henri Guédon, visibles sur le site de la galerie d’art Dima :



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