24 avril 2014 / Mis à jour à 10:14 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Sénégal - Eau
Sénégal : l’eau Kirène coule à flot !
L’eau minérale détient 80% des parts de marché. Kirène est un poids lourd de l’eau minérale au Sénégal. La Société industrielle afro-alimentaire (Siaa), qui produit la marque, détient en effet 80% du marché national, détrônant ainsi les importations. Un succès qu’Alexandre Alcantara, directeur général de la Siaa, explique notamment par la qualité de cette eau 100% sénégalaise, son prix abordable et le fait que les nationaux s’inquiètent plus de leur santé.

Quelle est l’eau minérale la plus connue du Sénégal ? Demandez à un natif de ce pays ouest-africain et il y a de fortes chances qu’il vous réponde, sans l’ombre d’une hésitation : Kirène. C’est la Société sénégalaise industrielle agro-industrielle (Siaa) qui a lancé ce produit, en 2001, sur le marché. Un produit fructueux puisque le chiffre d’affaires de la Siaa est de deux milliards de FCFA. Kirène est arrivée au moment où les eaux importées faisaient la loi et où les eaux nationales de qualité étaient quasi inexistantes. Alexandre Alcantara, directeur général de la Siaa, revient sur l’ascension et les projets de Kirène qui, avec 80% des parts de marché, s’impose comme un poids lourd du secteur.

Afrik.com : Dans quel contexte est née Kirène ?
Alexandre Alcantara :
Montrolland (produite par la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal) n’avait pas une très bonne qualité et la plupart des eaux minérales étaient importées, ce qui est très coûteux. Après une étude de marché, nous avons vu qu’il y avait un potentiel à développer.

Afrik.com : Kirène est sortie l’année où la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal, qui commercialisait Montrolland, a fermé ses portes. Est-ce un hasard ?
Alexandre Alcantara :
Monter un projet comme celui de Kirène prend deux ou trois ans. Nous l’avions donc bien avant la fermeture de la Société anonyme des eaux minérales du Sénégal, qui a d’ailleurs arrêté de produire Montrolland un an avant sa cessation d’activité.

Afrik.com : Comment l’eau minérale que vous extrayez devient-elle Kirène ?
Alexandre Alcantara :
Nous extrayons l’eau à côté du village de Kirène et la traitons à l’usine basée à Diass (environ 50 km de Dakar, ndlr). Elle passe dans un système de filtration et, dans le même temps, nous fabriquons les bouteilles où elle sera conditionnée. Elle est embouteillée sur place, nous faisons des packs et les stockons.

Afrik.com : Quelles sont vos normes de qualité ?
Alexandre Alcantara :
Nous faisons des prélèvements toutes les deux heures. Notre laboratoire fait des analyses, fournit ses résultats et donne son aval pour la sortie et la mise sur le marché du produit. De temps en temps, nous comparons nos analyses avec ceux de l’institut Pasteur du Sénégal ou avec ceux du laboratoire de l’université de Dakar. S’il y a un problème, nous arrêtons toute production jusqu’à ce que le problème soit résolu. C’est notre contrôle qualité.

Afrik.com : Quels genres de problèmes pouvez-vous rencontrer lors de la production ?
Alexandre Alcantara :
Les problèmes de qualité sont très rares. Ils peuvent être dus à une machine mal réglée ou à une coupure d’énergie soudaine, qui peut entraîner une rupture de la chaîne de stérilité.

Afrik.com : Dans quels formats peut-on trouver Kirène sur le marché et à quel prix ?
Alexandre Alcantara :
Kirène existe en trois formats : 0,5 litre, 1,5 litre et enfin celui de 5 litres, que nous avons lancé il y a environ un an et demi. La bouteille de 1,5 litre est vendue sur le marché environ 300 FCFA, celle de 5 litres 650 FCFA et celle de 0,5 litre 220 FCFA.

Afrik.com : Quelles sont vos cibles ?
Alexandre Alcantara :
La majeure partie des ventes est destinée à la consommation courante. Notre cœur de cible est la femme, comme pour la plupart des eaux minérales. Nous avons constaté qu’avant notre arrivée, elle ne consommait pas d’eau. Quand Kirène est apparue, elle la buvait lorsqu’elle était enceinte et, après l’accouchement, la donnait à son bébé pour l’hydrater. Nous avons créé le format de cinq litres pour les familles qui souhaitent avoir de l’eau de qualité à la maison. Les personnes âgées boivent aussi Kirène dont ils se servent comme un « alicament », c’est-à-dire qu’ils se servent la boivent pour se soigner. C’est un principe de santé. Nous avons par ailleurs des contrats d’approvisionnement avec de gros hôtels, car nous sommes situés non loin d’une station balnéaire.

Afrik.com : Vos prix ne sont-ils pas trop cher pour les Sénégalais ?
Alexandre Alcantara :
Avant que nous arrivions, les prix oscillaient entre 600 et 800 FCFA pour la bouteille de 1,5 litre. Aujourd’hui, Evian est vendue à 900 FCFA et les autres à environ 500 FCFA. Alors nos 300 FCFA représentent une certaine somme, mais nous avons un produit complémentaire, qui est celui de 5 litres.

Afrik.com : Kirène détient 80% de parts de marché. Quels sont les atouts qui ont permis à Kirène d’être si bien reçue ?
Alexandre Alcantara :
Le prix. Nous sommes arrivés sur le marché avec une forte image, une campagne de design très intéressante, qui accrochait notre cible avec des visuels sympathiques. Le marché a été réceptif au fait qu’il y ait une eau sénégalaise, produite au Sénégal, par des Sénégalais. Et, enfin, les Sénégalais se soucient de plus en plus de leur santé et nous répondons donc à leurs besoins. Ce sont tous ces facteurs qui ont permis à Kirène de bien évoluer.

Afrik.com : Votre ascension vous a-t-elle permis de réduire les importations ?
Alexandre Alcantara :
A l’époque où nous sommes arrivés, nous avions répertorié 45 marques d’eaux différentes. Elles venaient de partout. Aujourd’hui, il n’y a plus que trois grandes marques : Pierval, Cristalline et Valentine, qui est sénégalaise.

Afrik.com : Peut-on dire que vous avez des concurrents ?
Alexandre Alcantara :
Notre premier concurrent est l’importation. Par ailleurs, au Sénégal même, depuis deux mois, deux concurrents nationaux se sont installés. Et il me semble que deux autres ne devraient pas tarder. Nous avons toujours travaillé comme si nous avions des concurrents, ce qui nous pousse à toujours progresser.

Afrik.com : Quel chiffre d’affaire vous rapporte Kirène ?
Alexandre Alcantara :
Notre chiffre d’affaire est de 2 milliards de FCFA par an. Nos marges en tant que fabriquants évoluent de 10% à 15% selon les périodes. Le pourcentage de marges est très volatile parce que l’eau dépend du cours des matières premières, auxquelles appartient le pétrole...

Afrik.com : Exportez-vous Kirène ?
Alexandre Alcantara :
Nous avons une petite activité d’exportation en Guinée-Bissau et au Mali. Nous avons un point de vente à Paris dans le bar à eaux Chez Colette. Les exportations devraient augmenter lorsque nous aurons d’autres produits pour accompagner Kirène.

Afrik.com : Prévoyez-vous de créer de nouveaux produits ?
Alexandre Alcantara :
Nous avons une nouvelle unité de production de lait et de jus. C’est la première unité UHT (ultra haute température) qui est montée dans le pays. Nous avons signé avec Tetra Pak pour les machines et avec Candia pour le lait. Nous avons déposé une marque pour les jus, que je ne peux pas encore révéler. Il y aura six parfums : ananas, orange, cocktail de fruits, pomme, mangue et goyave. Les produits devraient arriver sur le marché d’ici cet été. Nous attendons le feu vert de l’Institut technique alimentaire pour commercialiser du jus de bissap. Pour ce projet, il nous faudra trouver le moyen d’assurer une qualité pérenne et stable toute l’année.

Afrik.com : Comptez-vous travailler avec des fruits sénégalais ?
Alexandre Alcantara :
Nous importerons les bases de jus. L’une des plus grosses ressources en la matière est l’Afrique du Sud. La Côte d’Ivoire a un bon potentiel pour ce qui est de l’ananas. S’il y a possibilité de travailler avec le Sénégal directement, nous le ferons, parce que c’est l’objectif que nous recherchons.

Visiter le site de Kirène


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Le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels a déclaré l’eau " indispensable à la vie et à la santé ". " Le droit de l’être humain à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse vivre une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits."


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