afrik.com
 
jeudi 8 jan. 2009    
 
  Le ministre chinois des Affaires étrangères va entamer sa traditionnelle visite en Afrique   -  Somalie : deux volontaires de MSF libérés  -  Les deux tiers des analphabétes sont des femmes dans les pays arabes  -  Immigration concertée : la France accentue les pressions sur le Mali  -  RDC : le virus Ebola aurait fait 13 morts, selon MSF  -  Angola : José Eduardo dos Santos candidat à sa propre succession à la présidentielle de 2009  -  Des évêques appellent Laurent Nkunda à faire avancer les négociations de Nairobi  -  Mali : le processus de paix entre les rebelles touareg et gouvernement enrayé  -  Sénégal : neufs homosexuels condamnés à huit ans de prison  -  Nigeria : les membres du Bourbon Leda relâchés   -    
 
Culture - Afrique Centrale - R.D.C. - Musique - Religion

Foi du chant, chant de la foi
Interview de Nathalie du groupe Makoma

Le groupe religieux congolais Makoma s’impose comme l’un de ténors de la musique africaine actuelle. Précurseur d’un gospel moderne, il mène aujourd’hui une trépidante carrière internationale. En dépit des médisances et des aléas du star system, l’envie de chanter reste intacte. Interview.


 Dossier : L’Afrique et le gospel



lundi 25 août 2003, par David Cadasse


Show de la foi, Makoma enflamme l’Afrique et le monde. Le groupe religieux, Kora du meilleur groupe africain 2002, s’est taillé une place parmi les grands artistes du continent. Vivant à Rotterdam (Pays Bas), les cinq frères et sœurs et leur ami Patrick sont tous congolais (RDC) et déchaînent les foules à chacun de leur concert en Afrique ou ailleurs. Rencontrée au Festival panafricain de musique 2003 à Brazzaville, Nathalie, l’une des principales solistes du groupe, nous confie ses sentiments sur leur statut de stars. Malgré les contraintes inhérentes au leur médiatisation, elle garde toujours le même plaisir de chanter.

Afrik : Est-ce que la pression médiatique n’est pas difficile à supporter ?
Natalie : Non ce n’est pas difficile, seulement parfois c’est trop. Surtout quand on est fatigué. Il nous est arrivé de donner plus de vingt interviews par jour au Fespam. Mais que faire ? Cela fait partie du travail. Donc il faut jouer le jeu et y aller jusqu’au bout.

Afrik : Chacune de vos sorties en Afrique est un événement. Il y a malheureusement eu des victimes lors de votre concert à Goma (RDC). La fièvre Makoma ne vous fait-elle pas un peu peur ?
Nathalie : Oui ça fait peur. L’engouement du public peut lui faire perdre la tête. J’ai déjà eu peur pour moi. Il peut se passer plein de choses quand vous êtes au milieu d’une foule de fans. La foule est incontrôlable. Et ce partout où l’on passe. Je dois reconnaître qu’ici, pour le Fespam, il y avait une bonne sécurité pour nous encadrer. Surtout après les concerts.

Afrik : Vous avez été les précurseurs de la musique religieuse moderne, gospel soul, R’n B ou rap. Vous avez fait beaucoup d’émules à Kinshasa. Comment se passe la concurrence ?
Nathalie : Il y a des gens qui pensent que nous voulons monopoliser la scène musicale religieuse. Mais la musique est à tout le monde. Nous ne sommes pas des égoïstes. Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Même copier d’autres artistes. Mais nous restons conscients que tout est éphémère. La fièvre des Makoma passera, plus personne ne parlera de nous, nous serons remplacés par d’autres personnes. Alors nous voulons juste nous concentrer sur notre travail.

Afrik : Est-ce qu’on observe, comme dans la musique congolaise, des règlements de compte plus ou moins violents entre les groupes. Quand bien même se sont des groupes religieux ?
Nathalie : Certaines personnes se sentent frustrées par notre succès. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un groupe (religieux) concurrent mais Patrick a fini avec un couteau sous la gorge, ici même au Fespam. On lui a dit : « Vous croyez que vous êtes les meilleurs mais vous allez voir… ».

Afrik : Votre deuxième tournée à Kinshasa a un peu moins marché que la première. Certaines personnes vous reprochent l’inadéquation de votre message avec votre look trop agressif. Qu’en pensez-vous ?
Nathalie : Les gens ont tort de nous juger sur les apparences. La seule personne qui a le droit de nous juger c’est Dieu. Il n’est pas écrit que l’on doit s’habiller d’une certaine manière pour croire en lui. C’est le fond de ton cœur qui compte. Etre chrétien ça veut dire accepter tout le monde, d’aimer ton ennemie.

Afrik : Vous êtes très sollicités de part et d’autre, il y a une grosse pression autour du groupe. Est-ce que l’envie de chanter ne s’émousse pas à la longue
Nathalie : Il n’y a rien qui puisse me séparer de la musique. C’est mon premier amour. Quand je suis triste, c’est la musique qui est là pour moi. Quand j’ai un problème, c’est encore la musique qui est là pour moi. A travers la musique je peux exprimer tous mes sentiments.

Afrik : Le show de Makoma est très tonique. Est-ce que vous suivez un entraînement particulier ?
Nathalie : Je fais juste quatre heures de vélo pour garder la forme et travailler le souffle. Et je fais attention à ne pas trop manger. Parce que si tu prends du poids, tu te fatigues très vite sur scène.

Afrik : Y a-t-il un souvenir qui vous ait particulièrement marqué jusqu’ici dans votre vie d’artiste ?
Nathalie : Une femme malade est morte en directe à la télévision congolaise à Pointe Noire, pendant qu’on l’interviewvait. Juste avant de mourir, elle a dit « Avant de mourir, je voudrais juste que Dieu bénisse les Makoma parce que c’est grâce à leurs chansons que j’ai retrouvé la paix et la foi en mon Seigneur ». Elle s’est mis a fredonner une de nos chansons puis elle s’est éteinte...Un souvenir qui m’a vraiment marqué. Je ne peux pas trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti à ce moment là.

Afrik : Vous avez accompli beaucoup de choses jusque là dans votre carrière. Avez-vous encore des rêves artistiques ?
Nathalie : On rêve de chanter une chanson de paix avec tous les artistes. Ou une chanson avec un message fort où l’on soit tous unis. Sinon, je rêve évidement de chanter avec pleins d’artistes, tels que Whitney Houston, Michael Jackson, Youssou n’Dour ou encore Marie Missambo, une chanteuse chrétienne congolaise.


L’Afrique et le gospel

Reine gospel

Le numéro un du gospel français en France

Destination gospel

Le gospel africain est gabonais

Prêtresse au pays du gospel

Cindy Thompson : la révélation du gospel ghanéen

Dupe Olulana, reine du gospel nigérian

La légende du gospel

O’Nel Mala, star montante du gospel ivoirien

La musique pour apôtre

Nicoletta, inexorablement Gospel

Gospel de France

La liturgie de la rue

Le zouk divin d’Erick Didier

Loué soit Makoma

L’évangile du groove



Réagir à l'article

Soyez le premier à réagir à l'article.




 

   

Minyeshu : "fière d’être Ethiopienne"

« I ka i pa ka » : la musique Gwoka sans peine

Kodjo veut imposer sa Nouvelle Donne

Tous les articles Musique

Tanella Boni : « l’éducation doit être au centre de tout nouveau projet de société »

L’agenda africain de la première quinzaine de janvier 2009

In Koli Jean Bofane : quand la mathématique fait la politique

Tous les articles Culture

RDC : gouvernement et rebelles ouvrent un troisième round de négociations

RDC : Laurent Nkunda trahi !

Casques bleus au Congo : « l’ONU n’a pas d’armée… »

Tous les articles R.D.C.

 
 
sur afrik.com    sur le web
 


 
Entreprise    Finance    France    Mali    Conflit    Diplomatie    Politique    R.D.C.    Kenya    Ghana    Election    Côte d’Ivoire    Littérature    Femmes    Guinée    Togo    Photographie    Religion    Sport automobile    Ethiopie    Danse    Musique
 


Présentation - Contact/Mentions légales - Partenaires - Annoncer sur ce site - Affiliation
Plan du site - Revue de presse - Version texte - Carte d'afrique - Archives - Alertes e-mail - English version

Afrik.com c'est aussi : afrikeco.com - beaute.afrik.com - afrikblog.com
Notre sélection : Logiciels Libres - Rencontres - Réduction
© afrik.com