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Société - Afrique Centrale - Centrafrique

Coup d’Etat en Centrafrique
Coup d’Etat en Centrafrique

Coup d’Etat éclair en Centrafrique. Le chef rebelle François Bozizé s’est emparé du pouvoir, samedi à Bangui, en l’absence du chef de l’Etat, Ange-Félix Patassé, qui assistait au Sommet des chefs d’Etats sahélo-sahéliens à Niamey. L’ancien chef d’état-major s’est autoproclamé président de la République et a instauré un couvre-feu dans le pays. La Cemac et la France condamnent.



dimanche 16 mars 2003, par David Cadasse


Le chef rebelle François Bozizé s’est autoproclamé " président de la République ", samedi à Bangui, à l’issue d’un coup d’Etat éclair orchestré en l’absence du chef de l’Etat, Ange-Félix Patassé, alors au Niger pour le Sommet des chefs d’Etat sahélo-sahéliens. Les putschistes contrôlent la capitale centrafricaine où un couvre-feu de 10 jours a été décrété. La Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac) et la France condamnent vivement cette prise de pouvoir par les armes.

Les Forces armées de la République centrafricaine (Faca) n’ont pas opposé une grande résistance aux hommes de François Bozizé qui se sont emparés de Bangui en moins d’une journée. Palais de la présidence, aéroport, grandes artères de la ville, radio et télévision, ils contrôlent l’ensemble des endroits stratégiques de la ville et ont été accueillis en libérateurs par une partie de la population.

Patassé réfugié à Yaoundé

L’avion d’Ange-Félix Patassé et de la délégation gouvernementale, qui revenait du Sommet de Niamey, n’a pas pu se poser à Bangui. L’appareil, ayant essuyé des tirs depuis l’aéroport, a été dérouté sur Yaoundé. Mais le président ne devrait pas rester au Cameroun et des discussions diplomatiques sont actuellement en cours pour lui trouver une nouvelle terre d’asile.

François Bozizé a réussi là où il avait échoué en octobre dernier lorsque sa tentative de coup d’Etat avait avorté face à une armée régulière épaulée par la Libye et les hommes du chef rebelle congolais (RDC) Jean-Pierre Bemba. Mais Libyens et Congolais, qui avaient annoncé en janvier et en février derniers leur retrait du pays, n’étaient plus là pour soutenir le régime qui s’est effondré comme un château de carte. Le chef de l’Etat avait, en vain, demandé en février l’aide de la France pour assurer la sécurité dans le pays, estimant que la présence de troupes françaises en Côte d’Ivoire constituait " une discrimination " à l’égard de la Centrafrique.

Trois soldats de la Cemac tués

Le nouveau " président de la République " s’est exprimé, via son porte-parole, en faveur d’une " transition collective " et non militaire du pouvoir et a appelé la population à arrêter les pillages. Le putsch de samedi a, en effet, donné lieu à de nombreuses scènes de brigandage, notamment dans les résidences des dignitaires de l’Etat.

La Cemac a " vivement " condamné le coup d’Etat et déplore la mort de trois soldats congolais (Brazzaville) tués samedi dans les combats. La force d’interposition régionale (quelque 300 hommes), censée sécuriser la capitale, n’a rien pu faire contre l’offensive rebelle. Une impuissance a mettre sur le compte d’un manque d’effectif si l’on en juge par les déclarations, la semaine dernière, du contre-amiral Martin Mavoungou, commandant du contingent panafricain, qui se plaignait de l’absence d’une " force (militaire, ndlr) significative " pour accomplir sa mission.

Le Tchad dément

Après le coup de force de samedi, le Tchad, allié notoire de François Bozizé, se retrouve au banc des accusés. Complice ? Le chef de l’Etat, Idriss Déby, nie toute implication dans les événements du week-end. La France a officiellement condamné cette prise du pouvoir. Elle met en garde, d’autre part, le millier de ressortissants français en Centrafrique en leur demandant " d’observer la plus grande prudence et de ne pas sortir de chez eux ".



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