31 octobre 2014 / Mis à jour à 12:12 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Guinée-Bissau - Conflit - Politique - Crime et banditisme - Trafic - Drogue
Guinée-Bissau : l’armée s’oppose au retour de l’ex-Premier ministre Carlos Gomez Junior
Le général Antonio Indjai, chef d’état-major des forces armées bissau-guinéennes, a fait savoir, lors d’une tournée qu’il a effectuée dans les camps militaires des régions du Nord, qu’il s’oppose au retour d’anciens dignitaires du défunt régime.

(De notre correspondant)

Depuis mercredi, le général Antonio Indjai, en sa qualité de chef d’état-major des forces armées bissau-guinéennes, visite des casernes et cantonnements militaires dans la zone militaire Nord (Sao domingos et Mansoa) pour constater les conditions auxquelles sont confrontés ses hommes.

Au cours de cette visite, il a fait savoir qu’il s’oppose au retour annoncé, le 14 septembre de l’ancien Premier ministre : « Carlos Gomez Junior fait parti des personnes qui ont détruit la Guinée Bissau et divisé les fils de ce pays. Ces genres de personnes ; nous en avons marre. Le Premier ministre Gomez est en train encore de comploter avec le Portugal pour son retour aux affaires. En tout cas, nous, les forces de sécurité, disons non car nous en avons assez », fulmine le général Antonio Indjai.

La Guinée-Bissau traverse en ce moment, une situation difficile sur le plan alimentaire et sécuritaire. Antonio Indjai impute la responsabilité à l’ancien Premier ministre. « Nous sommes dans un pays très riche en ressources halieutiques, fruitières et minières. Mais ce pays fait parti des plus pauvres d’Afrique ; si nous ne sommes pas les derniers ? Du fait du comportement de certains politiciens, avec en tête Carlos Gomez Junior et sa bande. Nous avons une armée dépourvue de tout moyen et ces jeunes sont très mal payés. Nous demandons aux Nations unies de faire des enquêtes sur la situation des militaires dans les casernes », a-t-il réclamé.

Pour une commission d’enquête internationale

Le contrôle des trafics de drogue serait à l’origine de plusieurs rivalités et assassinats de personnalités politiques. Le général Antonio Indjai était accusé d’être le cerveau de ce pool de trafiquants de drogue en direction des pays d’Amérique latine. Le général récuse ces accusations : « je suis conscient des méfaits de ce trafic et j’ai lutté depuis quelques mois contre toutes les personnes qui s’y activent ».

Le général accuse également l’ancien Premier ministre d’être responsable de nombreux assassinats. « Il (Carlos Gomez Junior) est responsable de ces meurtres. Les Nations unies doivent mettre en place une commission indépendante pour enquêter sur tous ces assassinats et les trafics de drogue », a-t-il plaidé. Une déclaration diffusée sur la radio télévision nationale (NTN). L’Organisation des Nations unies (ONU) note par ailleurs dans un de ses rapports que de nombreux groupes criminels, notamment nigérians et latino-américains, organisent ces trafics.

Le général Antonio Indjai est considéré comme le cerveau du coup d’Etat du 12 avril dernier. Des autorités intérimaires ont récemment mis en place un gouvernement de transition duquel sont exclus l’ex-junte et l’ancien parti au pouvoir (le PAIGC). Par contre, une force militaire ouest-africaine de quelques 600 hommes, composée de soldats du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigeria, sécurise les bâtiments abritant les différentes institutions du pays.

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