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C’est la Sopecam "qui m’a tuer"
Cas typique d’une contrefaçon éhontée
mardi 6 décembre 2011 / par Éric Essono Tsimi , pour l'autre afrik
La Sopecam a fabriqué en novembre 2004 un ouvrage intitulé Le Jeu de la Vengeance. L’œuvre a bénéficié d’un financement public du Ministère de la Culture et a été dédicacée au Centre Culturel François Villon en décembre 2004. Elle a été exécutée, en ouverture d’un festival organisé par l’Association Scènes d’Ébènes, le 15 mars 2007 au Centre Culturel précité. Le Jeu de la Vengeance se vend depuis sept ans à la Sopecam et peut être consulté, emprunté, et entièrement reprographié aux CCF François Villon à Yaoundé et Blaise Cendrars à Douala. L’œuvre originale avait été confiée à la regrettée Ntongon à Zock Edwige, membre fondateur et de la Sociladra et de la Compagnie Ngoti (organisatrice de la résidence d’écriture ci-après mise en cause). Que dit la loi ? 1 - Accords de Bangui révisés ANNEXE VII - PROPRIETE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE
2- Loi n° 2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins - Titre VI
En ce qui concerne la SOPECAM Le jeu de la vengeance est une création originale (art.6. 1 de la loi du 19 décembre 2000 précitée) de votre humble serviteur, ainsi que cela est indiqué dans la table des matières de l’ouvrage querellé, qui est un recueil de sept pièces d’auteurs internationaux. Cette création a donné son nom au recueil de pièces : elle est dite éponyme. Or le titre d’une œuvre est protégé comme l’œuvre elle-même : il y a contrefaçon au sens de la l’article 80 précité. Aux termes des Art. 42 et 43. 2) L’éditeur est tenu c) de faire figurer sur chacun des exemplaires, sauf convention contraire, le nom […] du titulaire du droit d’auteur ; 44. — 1) L’éditeur est également tenu de fournir au titulaire du droit d’auteur toutes justifications propres à établir l’exactitude de ses comptes.
En ce qui concerne le CCF et l’Association Scènes d’ébène Le 14 mars 2007, lors d’un festival, la pièce a été publiquement représentée sans « contrat de représentation » (défini à l’art.41 de la loi) : voilà une violation flagrante de l’article 81.e. précité.
En attendant les vraies conclusions Dès lors le financement du MINCULT a été perçu pour une œuvre qui n’a jamais été publiée. Car, même dans l’hypothèse absolument farfelue où l’existence d’un accord pourrait être démontrée, il faudrait encore établir que l’œuvre ainsi fabriquée a été distribuée ailleurs que dans l’enceinte de la Sopecam. Ce qui, par parenthèse, n’a pas minoré les bénéfices que les contrefacteurs ont pu tirer de l’œuvre puisqu’ils ont affirmé devant huissier de justice que le stock était épuisé. Quand bien même le contrat aurait été dûment conclu avec l’auteur, la distribution et la diffusion parfaitement assurées, ma qualité d’auteur normalement reconnue dès la page de couverture, mon nom correctement écrit dans l’œuvre, il leur manquerait encore d’expliquer le non-paiement de mes droits en sept ans d’exploitation. Pas même un exemplaire ne m’avait été offert, Sopecam n’a pas daigné m’inviter à la dédicace de mon œuvre : les invraisemblances et les incohérences croulent les unes sur les autres ! Les cocontractants du contrat d’édition qui aboutit à la publication du Jeu de la vengeance ont abusé de qualités réelles à seule fin de se servir de mon œuvre comme d’un appât pour hameçonner des subventions et accaparer indûment et jusque-là impunément mes droits. Cela s’est passé au nez et à la barbe de Sopecam, pire, en coaction avec elle, étant entendu que l’éditeur et ses compères se sont coalisés en bande organisée pour me publier à mon insu. Ils se sont enrichis à mes dépens, voilà le fond de l’affaire ! Si géants qu’ils soient, je ne les crains pas, leurs agissements sont si parfaitement révoltants que je me révolte et me réserve le droit de les poursuivre devant nos tribunaux. Je les accuse d’avoir extorqué sa création à un jeune auteur de 23 ans pour en faire un trentenaire appauvri et dépouillé du résultat de ses efforts. Mes attributs pécuniaires et extrapatrimoniaux se sont trouvés lésés en même temps. En conséquence de quoi, je les accuse d’une part du double chef d’abus de confiance et d’escroquerie et d’autre part de contrefaçon (atteinte au droit exclusif de divulgation et au respect de mon nom) que je subis sans discontinuer depuis 2004. Je m’adresse au peuple camerounais, véritable police du bon sens, « afin que nul n’en ignore » : c’est en son nom que justice me sera rendue. De toute évidence, cette super canaillerie n’aurait pas pu être montée par les seuls organisateurs de la résidence d’écriture. L’admiration dont j’ai toujours environné le travail d’Edwige Ntongon à Zock et Jean Mingele se double à présent du respect dû à leur mémoire. Cela dit, je ne les absous pas : j’ai bien été entubé, entortillé… L’on m’a circonvenu en me faisant accroire que les intérêts défendus étaient ceux des auteurs ; a posteriori tout concourt à démontrer qu’il s’est agi d’une fumisterie, une machination orchestrée sous la direction de Sopecam. Les zones d’ombre que des enquêtes permettraient d’élucider diraient certainement comment cette subvention a pu être obtenue au MinCult, sans que les destinataires réels du financement ne soient jamais associés à la procédure. C’est un vrai point d’interrogation. Pour mémoire, cette subvention provenait du compte d’affectation spécial destiné à promouvoir la production littéraire et artistique camerounaise. Est-ce le copinage qui a prévalu, la négligence ou une pure et simple corruption ? Il a bien fallu fermer les yeux à un moment. Plus loin dans la chaîne des responsabilités, l’enchevêtrement des intérêts et l’engrenage des fautes, c’est la Sopecam qui s’est le plus ouvertement compromise. L’appétence sordide de lucre leur a fait considérer comme une précaution inutile la nécessité fondamentale d’un contrat. Ils ont pris des risques inconsidérés en publiant discrétionnairement la seule pièce au monde écrite sous la direction d’un metteur en scène. C’est que, dans cette affaire « dramatique », cette histoire de théâtre, tous les ingrédients sont réunis pour faire un soap-opéra ou un remake tragicomique de la série britannique Les arnaqueurs V.I.P. Tous les faits incriminés sont pénalement répréhensibles et aggravés par la personnalité des responsables mis en cause, qui sont des professionnels du droit d’auteur et maitrisent mieux que quiconque la loi et les usages en vigueur. Il y a matière procès : n’étant pas procédurier, je convie publiquement toutes les parties concernées à la table des négociations pour des palabres toutes africaines ; on ne peut pas pousser si loin la morgue envers les auteurs, si bas l’arrogance envers les Camerounais. La parole est désormais au bon sens. Le procès public qui s’ouvre doit trancher sur le point de savoir si ce pays, inventeur de la SOCILADRA et siège de l’OAPI, est, paradoxalement, une zone de non-droit d’auteur.
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