21 octobre 2014 / Mis à jour à 00:04 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
RDC - Rwanda - Conflit - Guerre
RDC : le Rwanda au banc des accusés
Les rebelles rwandais auraient commis un génocide entre 1996 et 1998 et des viols collectifs en RDC. Un rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, révélé jeudi par le journal Le Monde, estime qu’un génocide contre les Hutus aurait été perpétré entre 1996 et 1998 en République Démocratique du Congo (RDC), alors appelée Zaïre. L’ONU met également en cause les rebelles hutus rwandais des FDLR, qui se seraient livrés à des viols systématiques du 30 juillet au 3 août en RDC.

Les Hutus fuyant le Rwanda après avoir commis un génocide contre les Tutsis en 1994 auraient à leur tour été victimes d’un génocide en République Démocratique du Congo (RDC), entre 1996 et 1998. C’est ce que révèle jeudi un rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, dont le journal français Le Monde a publié des extraits. Ce rapport de 600 pages se penche sur les exactions commises entre 1993 et 2003 en RDC, alors appelée Zaïre. Les faits de « génocide » y auraient été perpétrés par des militaires de l’Armée patriotique rwandaise (APR) ou des membres de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), soutenue par le Rwanda.

Les enquêteurs de l’ONU estiment que « les attaques systématiques et généralisées révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide ». En effet, « la nature systématique, méthodologique et préméditée des attaques contre des Hutus réfugiés en RDC après la prise du pouvoir à Kigali du Front patriotique rwandais à majorité tutsie » relève d’un cas de génocide, estime le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.

Le Monde affirme que « le président rwandais, Paul Kagamé, a tenté d’empêcher la publication par l’ONU de ce rapport et que Kigali a menacé de retirer ses troupes de opérations de l’ONU en cas de fuites dans la presse ».

Viols en série

Lundi, l’ONU avait estimé qu’au moins 179 femmes et enfants de l’est de la RDC ont été victimes de viols systématiques du 30 juillet au 3 août dernier. L’organisation internationale les attribuait notamment à des rebelles hutus rwandais des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) et à des miliciens Maï-Maï du Congo. Les groupes rebelles occupaient la ville de Luvungi au Nord Kivu où les viols ont été commis.

Jeudi, les rebelles rwandais ont démenti être impliqués dans ces viols. Les FDLR « ne sont en rien impliquées dans ces actes odieux et s’insurgent contre des accusations dénuées de tout fondement lancées contre elles par le secrétaire général de l’ONU », a affirmé Callixte Mbarushimana, un haut responsable du mouvement rebelle.

La rébellion demande à l’ONU de « mettre en place sans délai une commission d’enquête internationale indépendante chargée de faire toute la lumière sur tous ces actes criminels ». Elle se dit prête à « collaborer » avec cette commission et « disposée » à rencontrer le numéro deux du département de maintien de la paix de l’ONU, Atul Khare, qui doit se rendre en RDC.

Roger Meece, le nouveau représentant spécial de l’ONU en RDC, a expliqué mercredi que les Casques bleus n’avaient eu connaissance de ces viols que deux semaines après le début des attaques. Pourtant, des patrouilles se sont rendues à Luvungi le 2 et le 9 août. « Les habitants ont-ils craint des représailles s’ils alertaient l’ONU ? C’est possible. Étaient-ils gênés ou honteux de ce qui s’est passé ? C’est possible. Les actions de nos forces pour protéger les civils sont insuffisantes et doivent être améliorées », a reconnu Roger Meece.


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