21 décembre 2014 / Mis à jour à 17:09 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Guinée - Politique
Transition en Guinée : le Groupe de contact dresse un constat amer
L’absence de candidats de la junte à la présidentielle 2010 n’est plus garantie. Le Groupe international de contact était de nouveau à Conakry, jeudi, au compte de sa sixième session de travail sur la transition en Guinée. Il s’est entretenu avec les représentants du gouvernement, des forces vives ainsi que des ambassadeurs en poste à Conakry. Il a aussi échangé avec le leader de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, au sujet des conditions nécessaires à la bonne tenue des élections de janvier 2010. Mais, cette fois, le Groupe de contact est reparti bredouille, sinon confus.

Notre correspondant en Guinée

Au cours de la rencontre entre le gouvernement guinéen et le Groupe international de contact sur la Guinée (GIC), deux discours ont été prononcés : l’un par le co-président du GIC-Guinée, le Dr. Ibn Chambas, et l’autre par le Premier ministre guinéen, Kabiné Komara. Prenant la parole, le Dr. Ibn Chambas a rappelé les promesses faites souverainement et librement par le leader de la junte, Dadis Camara. A savoir que ni lui, ni aucun membre du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et du gouvernement, y compris le Premier ministre, ne seront candidats à l’élection présidentielle. Il s’est demandé si la communauté internationale et les Guinéens peuvent et doivent croire encore à la sincérité de ces promesses. « Si la réponse est non, il est clair que les appuis techniques, financiers et moraux nécessaires à la poursuite des objectifs de la transition et l’organisation des élections ne suivront pas », a indiquéle Dr. Ibn Chambas. Il a souhaité que le capitaine Dadis Camara résiste à toutes les tentations et aux appels des sirènes de la division. Parlant toujours de Dadis Camara, il a affirmé qu’« il perd toute crédibilité s’il devient un des acteurs et descend dans l’arène. »

En réponse, le premier guinéen, Kabiné Komara a mis en exergue les avancées auxquelles le gouvernement et les partenaires financiers sont parvenus. Notamment la libération des fonds nécessaires à l’organisation des élections. Il a précisé que le gouvernement guinéen a déjà payé le reliquat de sa quote-part, estimée à 30 milliards de francs guinéens. Il a également fait cas de la mise en place de l’organe juridique de la transition, appelé conseil national de la transition. Cependant, il a passé sous silence les graves divergences qui existent autour de ce Conseil national de la transition, notamment quant à sa composition. Il comprend actuellement 244 membres, alors que les forces vives avaient proposé 147. Le Premier ministre s’est employé à convaincre les représentants du Groupe international de la bonne foi du gouvernement à organiser une présidentielle propre et démocratique, mais en vain.

Les griefs du Groupe international

Le Groupe international ne semble pas du tout convaincu par les assurances du premier ministre guinéen. Car sur le terrain, le constat est amer, comme en témoigne le communiqué final du Groupe international dans lequel ce dernier se dit confronté à de nouvelles réalités concernant « le principe de la non-candidature aux élections du président et des membres du CNDD, ainsi que du Premier ministre ». M. Ibn Chambas et son équipe regrettent également le manque de consensus autour du Conseil national de la transition (CNT), et les entraves graves à la liberté d’expression.

Toujours dans le communiqué final, le GIC-Guinée note que la remise en cause des engagements antérieurement pris par la junte constitue un obstacle au partenariat établi avec la communauté internationale. Le GIC-Guinée fait ainsi allusion à la volonté inébranlable du capitaine Moussa Dadis Camara de présenter sa candidature à la prochaine présidentielle du 31 janvier 2010. Car les discours, les actes du capitaine, depuis un certains temps, démontrent de sa volonté de se présenter à la prochaine présidentielle. Les représentants du Groupe international ont du quitter Conakry, plutôt que prévu le climat d’incompréhension et de confusion.


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