27 juin 2017 / Mis à jour à 10:36 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux

Gabon - Politique - Election
Gabon : Ali Bongo passe en force
A Libreville où l’élection du nouveau président à été annoncée, la situation dégénère. Le ministre de l’Intérieur du Gabon, Jean François Ndongou, a annoncé ce jeudi midi qu’Ali Bongo Ondimba avait remporté les élections présidentielles. Un résultat que ses opposants rejettent en bloc, mais que les forces de l’ordre s’appliquent à faire respecter. Les gendarmes et bérets rouges ont dispersé manu militari, ce matin, un sit-in que l’opposition avait organisé devant le siège de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap). L’on compte plusieurs blessés, parmi lesquels Pierre Mamboundou, l’un des principaux adversaires d’Ali Bongo. Son autre adversaire principal, André Mba Obame, a dû prendre la fuite. Ces nouvelles et l’annonce de l’élection du fils d’Omar Bongo ont mis le feu aux poudres dans plusieurs quartiers populaires de Libreville et Port-Gentil.

« La charge a été très violente ce matin, vers 9 heures. Il y a eu des coups de feu. Les bérets rouges ont foncé vers les candidats qui étaient rassemblés devant le siège de la Cénap », nous a déclaré, très inquiet, Franck Nguéma, l’assistant du candidat indépendant et ancien ministre de l’Intérieur André Mba Obame. Ce dernier, exfiltré par sa garde rapprochée se cache et craint pour sa vie. D’autres candidats ont été blessés par les forces de l’ordre. Parmi eux, Pierre Mamboundou, leader de l’Union du peuple gabonais (UPG), touché à la tête et à l’épaule, Zacharie Myboto, de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD) ainsi que son porte-parole, Pierre-Marie Gondjout.

Plusieurs milliers de personnes étaient rassemblés depuis hier soir devant la Cité de la Démocratie, où se réunissait la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), à l’appel de Pierre Mamboudou et d’autres leaders de l’opposition. Aujourd’hui, à l’aube, le président de la Cénap, René Aboghé Ella, avait déclaré à la télévision publique RTG1 qu’il existait « une certaine difficulté à s’accorder sur la procédure de validation des résultats ». Bien que l’opposition (qui compte des membres au sein de la Cénap) ait refusé de valider les résultats présentés, René Aboghé Ella a proclamé l’ancien ministre de la Défense et candidat du parti au pouvoir (PDG), Ali Bongo Ondimba, vainqueur. Selon le ministre de l’Intérieur Jean-François Ndongou, à qui ont été transmis les chiffres, Ali Bongo Ondimba a obtenu 41,73 % des suffrages lors du vote à un seul tour de dimanche dernier. Ensuite viennent ses deux principaux adversaires, André Mba Obame (25,88 %) et Pierre Mamboundou (25,22 %), nettement battus si l’on en croit ces informations.

Le mécontentement gronde

Ces résultats et la nouvelle de l’agression perpétrée par les forces de l’ordre contre l’opposition suscitent un vif émoi dans la capitale, et en particulier dans les quartiers populaires, dont Rio, à l’Est de Libreville, où d’importants mouvements sont observés. A Port-Gentil, capitale économique du Gabon et bastion de l’opposition, des manifestants ont incendié le consulat de France et pris d’assaut la prison, libérant des prisonniers. D’importants déploiements de troupes sont constatés dans plusieurs localités du pays, essentiellement à Libreville où le bruit du vol des hélicoptères de l’armée se fait plus présent d’heure en heure.

Depuis lundi, MM. Mamboundou et Mba Obame, dénonçaient la préparation d’un « coup d’Etat électoral » par le candidat du PDG. Les trois candidats s’étaient déclarés vainqueurs avant même que la Cénap ne proclame officiellement les résultats. Les violents incidents qui émaillent cette journée projettent une lueur inquiétante sur le début du règne d’Ali Bongo Ondimba.

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dossier
Les Gabonais votent le 30 août dans le cadre d’élections présidentielles anticipées. Ils sont nombreux à vouloir succéder à Omar Bongo Odimba décédé à 73 ans en Espagne après 40 ans de règne. Parmi eux les prétendants à la magistrature suprême, son fils Ali Ben Bongo.


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