21 septembre 2014 / Mis à jour à 03:43 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Madagascar - Pan Afrique - Conflit - Politique
Dans l’attente du retour de Ravalomanana, la tension monte à Madagascar
Une manifestation de soutien au président déchu tourne au drame. Un climat d’instabilité règne et la situation politique et sociale demeure précaire à Madagascar. A Antananarivo, la capitale, une manifestation de soutien à Marc Ravalomanana a été violemment réprimée, lundi, par les forces de l’ordre, faisant deux morts et 13 blessés, selon des sources hospitalières. L’ombre de Marc Ravalomanana plane sur la Grande Ile. Le président évincé a réitéré, hier, sa volonté de revenir dans son pays d’ici quelques semaines. Mais les autorités de transition ont lancé un mandat d’arrêt contre lui, exécutable dès lors qu’il mettrait les pieds à Madagascar.

Depuis le départ du président déchu Marc Ravalomanana, ses partisans manifestent presque chaque jour dans les rues d’Antananarivo. Lors de la manifestation d’hier, les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et tiré pour disperser la foule. Le bilan de ces altervations est de deux morts et treize blessés, selon Lary Tiana Rabary, médecin urgentiste.

Lors d’une conférence de presse, organisée lundi à Johannesburg, en Afrique du Sud, Marc Ravalomanana a déclaré : « Je serai de retour à Madagascar dans les semaines qui viennent. L’idée est d’organiser des élections anticipées ou un référendum avant la fin de l’année. C’est le seul moyen de sortir de la crise ». Il se considère toujours comme le président du Madagascar et se dit prêt à partager le pouvoir avec Andry Rajoelina.

La Haute Autorité de Transition continue d’asseoir son pouvoir

La possibilité d’un retour imminent de l’ancien chef d’Etat envenime la situation déjà très tendue à Madagascar. La Haute Autorité de Transition (HAT) a, de son côté, affirmé qu’elle a délivré un mandat d’arrêt contre lui. Les forces de sécurité malgaches ont reçu l’ordre d’exécuter ce mandat, dès le retour de Marc Ravalomanana sur la Grande île, a indiqué en fin de semaine dernière la ministre de la Justice du gouvernement de transition, Christine Razananahasoa.

Depuis le début des troubles, aucune solution de sortie de crise n’a été trouvée par les instances internationales. Suspendu de leurs institutions par la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC), l’Union Africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie et condamné par les pays occidentaux, le nouveau pouvoir est isolé sur le plan international. Cependant, la deuxième vague de nominations des membres du gouvernement de la HAT se poursuit dans les différents ministères, à Antanarivo. Et les relais du pouvoir de l’ancien chef d’Etat continuent d’être démantelés. Ainsi, les manifestants pro-Ravalomana protestaient aussi, hier, contre la saisie des équipements de radio Mada, radio Fahazavana et télé Mada, trois médias proches du président déchu.

La crise militaro-politique qui sévit à Madagascar depuis le mois de janvier étouffe l’économie de l’un des pays le plus pauvre de l’océan indien. D’ailleurs, les autorités locales ont annoncé le week-end dernier la gratuité des visas touristiques jusqu’au 31 décembre prochain, en vue de relancer le tourisme, maillon fort de l’économie nationale. Une opération qui, espèrent-ils, donnera un bol d’air à l’économie et à la population locales qui souffrent au quotidien des effets des troubles politiques.


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Le président malgache, Marc Ravalomanana, et le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, ont engagé un bras de fer en janvier 2009. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours des manifestations qui ont émaillé le mouvement de contestation engagé par le maire de la capitale.


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