Guadeloupe : un accord partiel sans le Medef


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Le Medef Guadeloupe a refusé, ce vendredi, de signer l’accord partiel conclu plus tôt par le collectif LKP et cinq autres organisations patronales. Celui-ci prévoit l’augmentation des plus bas salaires de 200 euros net dont 100 euros à la charge de l’Etat. Moins de 20 000 salariés guadeloupéens sont concernés par cette mesure.

Nouvel impasse dans la crise sociale que traverse la Guadeloupe ? L’antenne guadeloupeénne du Mouvement des entreprises de France (Medef) persiste dans son refus de prendre part à l’accord partiel auquel est parvenu le collectif Liyannaj kont pwofitasyon (LKP) et cinq organisations patronales. Le compromis, négocié dans la nuit de jeudi à vendredi, prévoit une hausse de 200 euros net des plus bas salaires, avec une participation de l’Etat à hauteur de 100 euros. Cette augmentation était la principale revendication à l’origine de la grève qui paralyse l’île depuis plus d’un mois. Dénommé « Jacques Bino », du nom du syndicaliste tué le 18 février dernier, il profiterait, pour l’heure, à moins de 20 000 salariés sur les 85 000 appartenant au secteur privé en Guadeloupe. Un chiffre qui selon, Willy Angèle, le président du Medef guadeloupéen, pourrait être divisé « au moins par cinq ».

Le Medef, qui représente 80% des patrons de l’île, a quitté la table des négociations mercredi soir. Raison évoquée par son président : « le climat d’intimidation et de violence qui règne dans les réunions ». Willy Angèle s’était violemment opposé à Elie Domota, le leader du LKP, lors des discussions. Il affirme que ce dernier aurait « sauté par-dessus la table de négociations pour venir le frapper ». Le président du Medef Guadeloupe ne compte pas renouer le dialogue tant que sa sécurité ne sera pas garantie les négociations en dépit des exhortations issues du siège du patronat français. « C’est moi qui vais apprécier si ma sécurité est assurée. Mme Parisot est à 7 000 kilomètres »,» a-t-il déclaré ce vendredi.

La mobilisation se poursuit

Willy Angèle a également indiqué que sept autres organisations patronales ne signeront pas, non plus, l’accord partiel. Ces organisations souhaiteraient négocier sur la base de leur propre proposition. « Nous ne participons plus à cette mascarade parce que ça fait un mois qu’on subit des menaces, des violences, des injures. (…) Nous voulons révéler le visage dictatorial du LKP », a confié Christophe Louis au Point.fr, le président de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) Guadeloupe.

Réagissant à la signature de l’accord plus tôt dans la journée, le président Nicolas Sarkozy avait affirmé que « tout n’est pas encore résolu mais ça progresse ». Elie Domota a confirmé ce vendredi que la mobilisation se poursuivrait. Le leader du LKP souhaite une d’extension de l’accord à l’ensemble des salariés concernés par la mesure. La grève générale depuis un mois ne semble pas près de connaître son épilogue. A contrario, la Martinique, secouée par un mouvement similaire contre la vie chère, se dirige vers la signature d’un accord entre le patronat et les grévistes.

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