Bénin : 24 mois de prison requis contre un ancien officier français dans une affaire de faux permis


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Bénin : 24 mois de prison requis contre un ancien officier français dans une affaire de faux permis
Prison

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, le 15 juin 2026, le dossier impliquant trois ressortissants européens poursuivis dans une affaire de faux documents administratifs béninois. Le ministère public a requis 24 mois de prison, dont quatre mois fermes, contre un ancien commandant des forces spéciales françaises installé au Bénin, tandis qu’il a demandé la relaxe des deux autres prévenus.

Le lundi 15 juin, une audience s’est tenue devant la chambre correctionnelle de la CRIET dans une affaire portant sur l’utilisation présumée de faux documents administratifs béninois par des ressortissants étrangers.

Au cœur du dossier figure un ancien officier de l’armée française à la retraite, poursuivi avec mandat de dépôt. Deux autres ressortissants européens, dont un opérateur économique russo-belge, comparaissent également dans cette procédure, mais sans mandat de dépôt.

Selon les réquisitions du parquet spécial près la CRIET, l’ancien militaire aurait participé à l’établissement irrégulier de passeports et de permis de conduire béninois destinés à des expatriés. Le ministère public a indiqué que des données numériques ainsi que des fichiers vidéo liés à la fabrication de faux documents auraient été découverts lors d’une perquisition effectuée à son domicile.

À l’issue des débats, le procureur a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont quatre mois fermes, assortie d’une amende de deux millions de francs CFA contre le principal prévenu. En revanche, il a demandé la relaxe des deux autres ressortissants poursuivis dans le même dossier.

Le principal prévenu conteste les accusations

Devant la Cour, l’ancien commandant des forces spéciales françaises a rejeté les accusations portées contre lui. Installé au Bénin depuis plusieurs années pour des activités entrepreneuriales, il soutient avoir agi de bonne foi dans les démarches de conversion de documents administratifs et affirme avoir été lui-même induit en erreur par un intermédiaire qu’il présente comme le véritable responsable de la fraude.

Les débats ont notamment révélé que la procédure de délivrance des documents litigieux aurait donné lieu au versement d’une somme de 150 000 francs CFA, dont une partie aurait bénéficié au prévenu. Ce dernier conteste toutefois toute implication directe dans la fabrication de faux documents.

Parmi les autres prévenus, l’opérateur économique russo-belge a nié avoir utilisé un faux permis de conduire. Un autre ressortissant français a, quant à lui, reconnu avoir utilisé un document irrégulier, tout en affirmant qu’il ignorait son caractère frauduleux au moment des faits.

La défense plaide la bonne foi

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leur client. Selon eux, la conversion d’un permis de conduire étranger est une démarche administrative parfaitement légale et rien ne permettrait de démontrer une intention frauduleuse de la part de l’ancien militaire.

Après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, la CRIET a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 20 juillet 2026. Cette décision permettra de déterminer les responsabilités dans un dossier qui soulève des interrogations sur les circuits de délivrance et de conversion de certains documents administratifs.

Casimir Vodjo Kpenou
LIRE LA BIO
Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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