2 septembre 2014 / Mis à jour à 20:41 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Guinée - International - Pan Afrique - Conflit - Diplomatie - Politique
Coup d’Etat en Guinée : divergences au sein de la communauté internationale
L’UA vient de suspendre le pays alors que la CEDEAO se dit prête à travailler avec la junte. Les avis divergent au sein de la communauté internationale sur le coup d’Etat survenu en Guinée la semaine dernière. D’un côté, se trouvent ceux qui condamnent catégoriquement le putsch et exigent le retour à l’ordre constitutionnel. Parmi eux, l’Union africaine (UA) qui a suspendu, lundi, ce pays de ses activités. De l’autre, ceux qui, comme le président sénégalais Abdoulaye Wade et la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao), appellent à collaborer avec les putschistes.

Après les menaces, les sanctions ? L’Union africaine a décidé, ce lundi, de suspendre la Guinée de ses activités jusqu’au retour à l’ordre de constitutionnel. L’Organisation continentale a réitéré « sa ferme condamnation du coup d’Etat qui est une violation flagrante de la Constitution de la Guinée » dans un communiqué qu’elle a publié ce lundi matin. Mais l’ancien Premier ministre guinéen, Sidya Touré, contacté par l’agence de presse APA, a minimisé cette sanction. « Il n’y a aucun mal que la Guinée soit suspendue des réunions de l’UA. Le plus important consiste à aller vers une transition apaisée, débouchant rapidement sur des élections transparentes et crédibles », a-t-il déclaré ce lundi.

Le 24 décembre déjà, l’UA réunie sur la situation en Guinée avait menacé les putschistes de sanctions « fermes » s’ils « consommaient » le coup d’Etat. L’Union africaine n’était pas la seule. Toute la communauté internationale avait condamné le putsch survenu au lendemain de la mort de Lansana Conté, et réclamé le respect de la Constitution sous peine de sanctions. Pour les Etats-Unis, ce coup d’Etat et le délai de deux ans proposé par la junte avant l’organisation d’élections sont inacceptables. L’Afrique du Sud, par la voix de son président Kgalema Motlanthe, a également condamné le putsch et appelé la junte à céder « immédiatement » le pouvoir aux civils. Même son de cloche en France. Paris a appelé à des élections rapides, au plus tard au cours du premier semestre 2009.

La junte « mérite d’être soutenue »

Alors que ces Etats et institutions dénoncent la violation de la Constitution en Guinée, Abdoulaye Wade a été le premier chef d’Etat à appeler à soutenir la junte. Selon le président sénégalais, le groupe de militaire ayant perpétré le coup d’Etat « méritait d’être soutenu ». Alors qu’il était en visite à Paris, M. Wade a estimé samedi que « c’est la première fois que des militaires guinéens disent : on organise des élections et on rentre dans les casernes ». Il a appelé « tous les pays, notamment la France,(...) à ne pas jeter la pierre à ce groupe mais à les prendre au mot », faisant allusion à la promesse des putschistes d’organiser les élections d’ici fin 2010. Abdoulaye Wade qui dit avoir eu une conversion avec le nouvel homme fort de Conakry, Moussa Dadis Camara, le définit comme « parfaitement honnête ». Il affirme que le nouveau chef d’État guinéen lui a indiqué : « on a besoin de huit mois pour les inscriptions sur les listes électorales (...) et après ça, on organisera des élections ».

De son côté, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), a annoncé dimanche qu’elle était disposée à travailler avec la Junte, pour trouver une « solution apaisée » à la crise et permettre au pays d’échapper à d’éventuelles sanctions. « Nous avons rencontré les membres de la Junte, les partis politiques, les syndicats et la société civile. Nous sentons que tous veulent que la CEDEAO s’implique en vue de trouver la meilleure formule pour une transition apaisée vers des élections libres, justes et transparentes », a indiqué le président de la Commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas.

D’après ce dernier, en l’absence d’une Assemblée Nationale (le mandat de l’actuel Parlement est expiré depuis deux ans), « ce qu’on va faire maintenant, c’est de travailler avec tout le monde, le CNDD, les partis et les syndicats, en vue de trouver une solution pour une transition pacifique ».

En Guinée, la population, meurtrie par 24 ans de règne sanglant de Lansana Conté, semble adhérer aux bonnes intentions des putschistes. Reste que, pour l’heure, ce ne sont que des promesses.

Lire aussi :

- La Guinée enterre Lansana Conté et le capitaine Camara s’installe au pouvoir
- Moussa Dadis Camara : leader de la junte, président de la Guinée
- Guinée : Lansana Conté meurt et l’armée s’empare du pouvoir


dossier
Après une longue agonie, le général Lansana Conté est décédé le 22 décembre, à Conakry, après avoir régné 24 ans sur la Guinée, laissant derrière lui un pays aux infrastructures quasi inexistantes et une population très pauvre. Le lendemain, un groupe de militaire putschistes, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), a pris le pouvoir. Son leader, le capitaine Moussa Dadis Camara, a été proclamé président de la Guinée. Il a promis à la population guinéenne de combattre la...


à la une




communiqués


en bref




image du jour

dossiers

liens utiles