Quarante-quatre, c’est le nombre de députées élues mardi au Parlement. Un record qui fait du Rwanda l’un des pays avec la représentation féminine est la plus forte. Une particularité qui, de l’avis de Kareen Jabre, responsable du programme « femmes en politiques » à l’union interparlementaire (UIP), serait due « aux rôles des femmes pendant le génocide ». « En 1994, après ces événements tragiques, il fallait reconstruire le pays sur des meilleures bases et c’est tout naturellement qu’on a fait appel aux femmes en politique », explique-t-elle à Afrik. Un avis partagé par la députée du Front patriotique rwandais (FPR), Bernadette Kanzayire. « Pendant la guerre, les femmes ont combattu auprès de leurs frères combattants du FPR (actuel parti au pouvoir) ». Mardi, les collèges électoraux de femmes ont élu leurs députées au Parlement à l’occasion des deuxièmes législatives organisées après le génocide. Ces collèges électoraux comptent 6000 femmes au total, élues au niveau des secteurs, des districts, des provinces et des conseils consultatifs.
Le rôle politique des femmes
Au terme de ces élections, les femmes ont remporté vingt sièges de plus à l’Assemblée nationale. Pour Kareen Fabre, cette nouvelle n’a rien d’étonnant. « Le parlement d’avant avait bien fonctionné, les députées avaient vraiment fait du bon travail surtout en ce qui concerne le droit des femmes », affirme-t-elle. Un bilan auquel souscrit la députée du FPR. « Pendant la période de transition qui a suivi le génocide, les femmes ont pris l’engagement, dans les instances de décision, de promouvoir la femme et d’éduquer l’homme sur la parité. Elles ont fait un travail remarquable », déclare Mme Kanzayire. « Par exemple, une loi a été promulguée sur le droit de succession permettant aux femmes d’hériter », ajoute-t-elle. Pour la députée, « les femmes ont leur place dans la politique », précisant que « leur sensibilité dans les domaines comme la santé et l’éducation leur permettait de convaincre leurs collègues ». Des domaines prioritaires sur lesquels Bernadette Kanzayire travaillera durant son prochain mandat.
Malgré des avancées probantes concernant la parité, l’entrée des femmes dans le parlement fait figure de vernis car, en dehors de ce consensus, la démocratie au Rwanda reste menacée. L’opposition, en exil depuis 1994, est absente de ces élections législatives. Le Font patriotique rwandais du président Paul Kagame peut donc règner en maître absolu.