Société - Afrique de l’Ouest - Mauritanie - Politique
Une cinquantaine de parlementaires mauritaniens quittent la majorité
Quelque 25 députés et 24 sénateurs du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD-ADHIL, principal parti de la majorité présidentielle en Mauritanie), ont annoncé leur démission, lundi en début de soirée, au cours d’une conférence de presse à Nouakchott.

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  mardi 5 août 2008

S’exprimant au nom des parlementaires démissionnaires, le député d’Atar (Nord), Me Mohamed Ould Maham et le sénateur de M’Bagne (vallée du fleuve Sénégal, sud-est) Diop Abdoulaye Demba, ont lancé un appel "à toutes les forces intérieures et extérieures" du parti ADHIL pour se joindre au groupe ayant fait défection, "dans un effort salutaire visant l’élaboration d’un cadre politique national issu d’une vision modérée et équilibrée faisant des références fondamentales du pays, un pacte sacro-saint porteur d’un projet de changement et de réformes qui garantit à la nation les moyens de son existence, son rôle historique et ses acquis".

Les démissionnaires font également de la démocratie "un but dans sa forme, mais surtout un moyen de construction et de développement".

Ils ont exprimé leur détermination à obtenir le départ de l’actuel Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghef.

Le PNDD, signale-t-on, comptait à l’origine un total de 49 députés (sur une Assemblée nationale de 95 élus) et 43 sénateurs (dans un Sénat composé de 56 membres). Ces défections sont le signe d’une véritable hémorragie au sein du parti au pouvoir juste quelques mois après sa constitution.

Dans son écrasante majorité, le groupe de députés et sénateurs démissionnaires est constitué d’anciens partisans du régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya (renversé le 3 août 2005).

La Mauritanie, rappelle-t-on, traverse une crise politique et institutionnelle, avec une fronde continue de députés et sénateurs contre le gouvernement du Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghef depuis près de 3 mois, dont le noyau vient de franchir le rubicon en claquant la porte du parti au pouvoir.


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