23 octobre 2014 / Mis à jour à 17:43 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Sao Tome et principe - Sida
Sao Tomé et Principe : franc succès des distributeurs de préservatifs
La demande en préservatifs est élevée dans les "points chauds". Les distributeurs de préservatifs ont la cote à Sao Tomé et Principe. Dans le cadre d’une initiative du Programme national de lutte contre le sida et de l’ONG Alisei, 376 restaurants, discothèques et boutiques sont équipés de distributeurs de condoms gratuits. Certains s’y sont tellement faits qu’une récente rupture de stock les a mis en colère ou inquiété...

Il n’y a encore pas si longtemps, personne n’aurait pu s’attendre à ce que la réaction du public face à un distributeur de préservatifs en rupture de stock dans l’archipel de Sao Tomé et Principe soit de la colère.

« Je pensais que le pays était à court de préservatifs – vous autres, là, vous cafouillez trop », s’est plainte Palmira Torres, propriétaire du restaurant Alpha, auprès d’Almerindo Ferreira et Desinela Barros, deux pairs éducateurs pour l’organisation non gouvernementale italienne Alisei.

Des distributeurs de préservatifs ont été installés un peu partout en début d’année dans cet archipel situé au large des côtes du Gabon, dans le cadre d’une initiative lancée par le Programme national de lutte contre le sida (PNLS, en portugais), avec le soutien d’Alisei.

Le restaurant Alpha, situé près de la ville portuaire de Sao Tomé, la capitale située sur la plus grande des îles de l’archipel, est l’un des 376 restaurants, discothèques et boutiques à avoir été équipés d’un distributeur.

Mais les distributeurs ont été confrontés à une rupture de stocks pendant un mois, lorsque le véhicule qui distribue les préservatifs est tombé en panne. Ceci, ajouté à un manque de personnels, a eu pour conséquence de priver de préservatifs de nombreux distributeurs dans plusieurs districts.

« Dimanche dernier, une jeune femme est venue ici, très nerveuse, elle cherchait des préservatifs, mais il n’y en avait pas. Qui sait ce qui lui est arrivé ? », a dit Mme Torres.

Son restaurant, fréquenté par des fonctionnaires du gouvernement, des marins et des travailleurs du sexe, est l’un des points de distribution de préservatifs qu’Alisei considère comme « chaud » : il faut à peine deux semaines pour voir disparaître un stock de 144 préservatifs.

Cette forte demande, exacerbée par l’installation des distributeurs, est un phénomène nouveau à Sao Tomé et Principe. Le taux de prévalence du VIH, estimé à 1,5 pour cent des quelque 160 000 habitants de l’archipel, est considéré comme faible par rapport à d’autres pays du continent africain, mais les responsables sanitaires soulignent que le nombre de personnes infectées par le virus augmente.

Grâce à un financement du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, chaque établissement équipé d’un distributeur reçoit un stock mensuel de 432 préservatifs, qui sont mis gratuitement à la disposition du public. Près d’un million de préservatifs ont été distribués entre janvier et juin 2008.

Les « sauveteurs »

Un petit matin du début du mois de juillet, le véhicule d’Alisei a apporté un carton de préservatifs au restaurant Boca Loca, le premier approvisionnement en un mois de rupture.

Nunos Santos, 25 ans, qui prenait son petit déjeuner, n’a même pas attendu d’avoir fini son repas. « Les sauveteurs sont arrivés », a-t-il plaisanté, en prenant deux paquets de préservatifs dans le distributeur.

« C’était difficile de fonctionner sans les préservatifs », a commenté le barman du Boca loca, Valdemar Paquete. « Tous les clients nous posaient des questions à cause de cette pénurie. »

Aussi considéré comme un « point chaud », ce restaurant est ouvert 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Les affaires atteignent un pic les samedis et dimanches soirs, lorsque les gens sortent des discothèques du centre de la capitale et font un dernier arrêt au Boca Loca.

« Les préservatifs sont recherchés par tout le monde, mais je pense que les jeunes clients sont ceux qui en prennent le plus. Les filles viennent aussi ici pour en trouver », a dit M. Paquete à IRIN/PlusNews.

Alzira do Rosário s’est dite encouragée par ce succès, précisant cependant qu’il restait à vérifier si les gens utilisaient réellement les préservatifs. Les autorités sanitaires ont néanmoins soumis une requête au Fonds mondial pour obtenir des fonds supplémentaires, afin de s’assurer qu’elles pourraient continuer à répondre à la demande.

Alisei va aussi commencer à installer des distributeurs dans davantage de restaurants, boutiques et discothèques ce mois-ci. Les autorités sanitaires affichent l’objectif d’installer 400 points de distribution d’ici la fin de l’année, avec le but de garantir un meilleur accès aux préservatifs pour l’ensemble de la population.

Photo : Lourenço Silva/PlusNews


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