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Hervé Bourges dépoussière la Francophonie
Il présente un rapport intitulé « Pour une Renaissance de la Francophonie »
Hervé Bourges, chargé par le secrétariat d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie de rendre un rapport sur les moyens de restaurer la Francophonie, a présenté ses conclusions mercredi à Paris. Il y prône des mesures d’envergure et une action offensive.
« Le français constitue une langue d’avenir ». Par ces mots, Hervé Bourges assène sa vérité, celle qui l’a motivé, il y a six mois, à accepter de travailler à l’élaboration d’un rapport intitulé Pour une Renaissance de la Francophonie. Cette tâche accomplie, il a remis les fruits de son labeur à Alain Joyandet, le secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de la Francophonie. Lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel de Montesquiou, à Paris, mercredi, il est revenu sur les conclusions de son rapport. Trop conscient de l’inertie dans laquelle restent souvent les politiques, l’ancien président de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF) a souhaité jeter les bases d’un plan d’action efficace. En quelque 80 pages, il expose de manière concise les moyens de faire « renaître » la Francophonie. Il souligne que celle-ci n’est pas morte, mais seulement en panne, et assoit son analyse sur trois constats :
« Seize propositions facilement applicables » Pour l’auteur du rapport, le temps est à l’offensive. A ces trois priorités, il a associé une série de seize mesures. Certaines sont symboliques : créer une manifestation culturelle en marge du Sommet de la Francophonie, inscrire les noms d’Aimé Césaire et de Léopold Sédar Senghor au Panthéon. D’autres politiques : la création d’un visa francophone, la tenue d’Etats-généraux francophones, la prévention des conflits armés, la défense des Droits de l’Homme et de la Presse. Et d’autres, enfin, culturelles : la mise en place d’un programme ERASMUS francophone, le déploiement du multimédia français dans les pays du Sud. Bien entendu, la diffusion et la promotion massives de la langue française, objectifs qui recoupent tous les autres, sont au programme. Pour Hervé Bourges, la Francophonie « n’est pas une cause perdue ». Il faut seulement la réinscrire dans une réelle dynamique, capable de pallier les frustrations des différents acteurs et de lui rendre une cohérence. Jusqu’à maintenant, elle semble avoir péché par manque d’esprit de conquête. Le rapport se veut donc la trame d’ un véritable plan d’attaque. « Une offensive décomplexée » La renaissance passera, selon Hervé Bourges, par l’avènement d’une Francophonie moderne, oublieuse de cette culpabilité postcoloniale mal digérée. Trop de motifs historiques l’empêchent encore d’aller de l’avant. Des raisons économiques aussi (une faible exportation), et financières (le budget de la promotion de la langue française est trop lourd pour la France seule). Ces considérations pragmatiques, dont il faut bien entendu tenir compte, ne doivent pas faire oublier la force culturelle de la francophonie à travers le monde. Pour Hervé Bourges, il s’agit d’un véritable trésor qu’il faut à tout prix préserver et faire rayonner. Alain Joyandet a eu le mot de la fin, en affirmant : « Nous sommes plus que motivés, nous sommes mobilisés ».
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