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Vie chère en Algérie : « Comment voulez vous vivre ? »
La cherté de la vie préoccupe de larges pans de la société
La hausse des prix est aujourd’hui une question qui préoccupe le monde entier. De plus en plus, les tensions augmentent dans les pays pauvres du globe, dont ceux d’Afrique, où plusieurs émeutes ont éclaté ces derniers mois. Afrik.com publie cette semaine une série d’articles dans lesquels les Africains témoignent des difficultés du quotidien et de leurs attentes. Troisième étape : l’Algérie.

Mercredi 23 avril 2008, par Kaci Racelma

Notre correspondante en Algérie

L’Algérie qui engrange des bénéfices de la rente pétrolière et qui se chiffrent à des milliards de dollars, est loin d’être épargnée par le phénomène de vie chère aux conséquences douloureuses sur de larges pans de la société. La spirale de l’envolée des prix des produits alimentaires de première nécessité s’y poursuit alors que la grogne des travailleurs est à son paroxysme. Des voix s’élèvent contre cette situation chaotique qui risque de se traduire par une révolte comme celle qui a éclaté à Oran il ya à peine un mois où les jeunes ont mis à sac plusieurs édifices publics en signe de désarroi quant à ce que leur réserve leur « sort social ».

Alors que du coté du gouvernement l’on parle triomphalement de la relance économique et des mesures pour endiguer ce phénomène de la flambée des prix qui concerne de nombreux pays africains, le discours reste inaudible parmi la population qui reste avide d’absolu. « Comment voulez vous vivre quand on perçoit un salaire mensuel de 28000DA (équivalent de 280 euros ndlr) et qu’on paye un sac de semoule à 2400 DA et un kilogramme de pomme de terre à 70 DA ? » s’interroge A. Abdelkader, enseignant dans une école primaire en Kabylie.

Dans le même sens, abonde B. Djamel, médecin à Alger qui estime que « nos salaires actuels nous permettent juste de lutter farouchement contre la mort ». « Quand un bidon d’huile est cédé à 800 DA (8 euros) alors qu’il était avant à 500, toutes les raisons d’en faire un drame sont réunies » ajoute t il, médusé.

Des denrées alimentaires hors de prix

Dans ce pays exportateur de pétrole, la montée en flèche des prix des denrées alimentaires de large consommation continuent d’être un problème alors que les réserves de change ont dépassé les 100 milliards de dollars. La Semoule est passé de 3000 DA à 4600 DA le quintal ; le Café de 300DA à 540 DA le kilogramme ; le Sucre, de 40 DA-à 60 DA le kilogramme ; les pâtes de 100 DA à 140 DA le kilogramme ; et les lentilles, de 45 DA-à 90 DA le kilogramme. Une hausse qui en a réellement désorienté plus d’un. La pomme de terre qui reste un élément de base dans la gastronomie algérienne devient presque inaccessible puisque elle est cédée à 50 DA alors que les œufs empruntent la même courbe ascendante au point ou ils deviennent hors de portée de nombreuses familles.

Larbi Ould Ahmed, cadre dans l’institution de la régulation et des contrôles de qualité et des prix en Kabylie, explique cette montée en flèche des produits de première nécessité par les « retombées des prix appliqués sur le marché international conséquemment à la flambée des prix de pétrole ».

Aucune solution à court terme en vue

L’augmentation des tarifs du gasoil, de l’eau et de l’électricité en Algérie a donné pour résultat immédiat l’ascension des prix des produits agricoles. « Nous payons cher l’énergie électrique, le gasoil, la semence et les autres produits utilisés dans l’agriculture, ce qui donne lieu à l’augmentation des prix des produits agricoles » nous fait remarquer Hocine, agriculteur dans la région de Boumerdes, dans le centre du pays.

Le ministère de l’Agriculture veut procéder à la production de la semence à l’échelle locale pour réduire le prix de la pomme de terre tout en s’engageant à l’achat du blé des producteurs algériens à des prix semblables à ceux appliqués sur le marché mondial, afin de couper l’herbe sous les pieds des spéculateurs. Des mesures qui apportent leur fruit à moyen terme. Mais, pour l’heure, le présent de la population est fait de peur, d’anxiété, et du sentiment que tout espoir est vain. Ceci explique la traversée à bord des embarcations de fortunes de la Méditerranée, par des milliers de jeunes qui, au péril de leur vie, veulent se rendre sur le vieux continent pour trouver une vie meilleure.


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