27 novembre 2014 / Mis à jour à 02:58 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux

Etats-Unis - Pan Afrique - Femmes
Michelle Obama : la « Black Jacky Kennedy » ?
Ils sont jeunes et beaux, ils sont démocrates : comme les Kennedy en leur temps, Barack Obama et sa femme, Michelle, font rêver l’Amérique à de meilleurs lendemains. Portrait d’une possible « Première Dame Noire » à la personnalité affirmée.

Quand en 1988, Michelle Lavaughn Robinson avait été chargée par son patron de superviser un nouveau venu, un certain Barack Obama, elle ne s’imaginait pas qu’elle partait ainsi à la rencontre de son futur mari et surtout de celui qui va la faire nourrir la belle ambition d’être la première « first lady noire ». En tout cas de cette première rencontre, un effet s’est produit : « Je l’ai trouvé charmant, drôle, plein d’humour et mignon, sérieux sans trop se prendre la tête », raconte-t-elle.

Le jeune avocat lui aussi n’est resté indifférent face à sa superviseuse « La plupart des gens qui rencontrent ma femme concluent très vite qu’elle est remarquable. Ils ont raison : elle est très intelligente, drôle et absolument charmante. Elle est aussi très belle » écrit Barack Obama dans son dernier livre « L’audace d’espérer ».

Le reste c’est le destin qui s’en charge. En 1992, ils se marient. Le couple Obama aura deux filles, Malia Ann en 1999 et Sasha en 2002. Michelle Obama est née le 17 janvier 1964 dans une famille modeste de South Side, un quartier noir de Chicago. Son père, atteint d’une sclérose en plaques, travaillait pour le service des eaux, sa mère pour une banque. Ils ont eu deux enfants, Graigs Robinson qui est de seize mois plus vieux que Michelle. Quand Craig, son frère aîné, est entré à Princeton, la jeune Michelle s’est dit : « Pourquoi pas moi ? Je suis plus intelligente. » « Elle a horreur de perdre », s’amuse son frère. Elle est aussi brillante. Après Princeton, elle a fait son droit à la prestigieuse université de Harvard, où elle ne s’est jamais vraiment sentie intégrée en tant qu’étudiante noire. Elle a ensuite rejoint un cabinet d’avocats d’affaires où elle a rencontré celui qu’elle a décidé de soutenir dans la course à la Maison blanche. En 1993 la jeune avocate a laissé tomber son gros salaire et contacté le cabinet du maire de Chicago, qui lui a proposé un boulot dès son premier entretien. C’est la chef de cabinet et aussi de vice-présidente des hôpitaux de l’université de Chicago. Elle gagnait très bien sa vie avec 325 000 dollars par an. Michelle Robinson-Obama, une avocate renommée, est une figure influente du Parti démocrate local et proche du maire de Chicago, Richard M. Daley.

Elle a introduit Barack dans le milieu politique de l’Illinois. Grâce à elle, il a tissé le réseau qui lui a permis d’être élu au congrès de l’Etat et au Sénat à Washington. Puis Michelle a aidé son homme à planter ses racines dans la communauté noire de Chicago et il a découvert la stabilité qu’il veut assurer à ses propres enfants. Michelle Obama pourrait en effet devenir la première dame des États-Unis. Elle n’a peut-être jamais rêvé à ce titre, mais elle mène aujourd’hui une campagne vigoureuse en faveur de Barack Obama. Et pourtant la décision n’a pas été aussi facile à prendre. « La raison pour laquelle j’ai dit oui, explique-t-elle, c’est que je n’en peux plus de cette peur. Je suis fatiguée de vivre dans un pays où toutes les décisions que nous avons prises ces dix dernières années sont motivées par la peur. Peur de ceux qui ont l’air différents, peur de ceux qui pensent et croient autrement, peur les uns des autres. Je ne veux pas que mes filles grandissent dans un pays et un monde qui a peur. »

Depuis, le monde est en train de découvrir à son tour Michelle Obama, une « Jackie Kennedy noire ». Grande et élégante dans ses robes ajustées, elle fait sensation aux États-Unis, tout comme son mari. Elle est un atout pour le sénateur de l’Illinois. Mais aussi un handicap : si les électeurs Blancs peuvent oublier qu’il est noir, quand elle monte sur scène avec ses deux filles, le doute n’est plus permis et l’image de cette famille à la Maison-Blanche en effraie plus d’un. Y compris au sein de la communauté noire qui a du mal à croire que les Blancs éliront un président noir. « Il y a toujours ce doute dans notre psyché, expliquait-elle récemment à une assemblée noire en Caroline du Sud. Parce qu’on nous a toujours dit : "Ce n’est pas possible, ce n’est pas pour toi." Prouvons à nos enfants qu’ils peuvent vraiment réaliser leurs rêves. » Michelle Obama, première « first lady » noire ? La juriste se sent prête à assumer ce rôle « Je suis prête. Je suis ce que je suis. Je suis prête. Je suis comme ça. » Michelle Obama ne ferait pas une First Lady ordinaire. Mais, contrairement à Bill Clint on qui avait fait campagne en 1992 en promettant qu’en l’élisant les Américains en auraient « deux pour le prix d’un », elle ne se voit pas jouer un rôle prééminent à la Maison-Blanche. « Nous parlons de tout », a-t-elle expliqué au magazine Time. « Mais je ne suis pas son conseiller politique. Je suis sa femme. » Pour le moment, Michelle Obama, née Robinson, suscite l’admiration plutôt que l’animosité. Des signes bien rassurants pour continuer le combat.

Par Eugène Yobouet pour Spheremetisse.com


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Barack Obama est un sérieux prétendant à la magistrature suprême des Etats-Unis. Sa course pour l’investiture du Parti Démocrate contre celle qui au départ était la favorite des sondages, Hillary Clinton, a déchaîné les passions. S’il l’emportait, face au républicain McCain, il pourrait devenir le premier président noir des Etats-Unis.


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