Me Robinson a lu, en audience, quelques strophes de la Marseillaise au ton non moins martial que celui du chant Tubatsembatsembe (Exterminons-les, en langue rwandaise).
L’avocat s’est servi d’une version anglaise des vers du capitaine Claude-Joseph Rouget de Lisle, qui était simultanément traduite en kinyarwanda, la langue parlée par le témoin qu’interrogeait Me Robinson, connu au TPIR pour sa pugnacité.
Selon le témoin AWD, ainsi désigné pour préserver son anonymat, cette chanson Tubatsembatsembe est un appel à l’extermination des Tutsis, même si le mot tutsi n’apparaît nulle part dans le texte.
L’avocat de la défense a suggéré que Tubatsembatsembe n’était qu’un chant de combat, une interprétation que le témoin a rejetée.
Selon AWD, cette chanson aurait été composée par des membres du ballet de Simon Bikindi, un célèbre chanteur jugé dans une autre affaire. Interrogés, les défenseurs de l’artiste ont contesté cette version.
Le procureur, Ian Morley, un Britannique, a vainement tenté d’interrompre ce parallèle, redoutant de possibles répercussions à l’extérieur de la salle d’audience. AWD, pour sa part, a accusé l’avocat de "profaner" l’hymne national français.
Me Robinson assure la défense d’Edouard Karemera, vice-président de l’ex-parti présidentiel, le Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRND).
Karemera comparaît avec deux autres dirigeants nationaux du MRND. Accusées de crimes de génocide et de crimes contre l’humanité, les trois anciennes personnalités hutues plaident non coupables.
Basé à Arusha, en Tanzanie, le TPIR a prononcé, à ce jour, 28 condamnations et 5 acquittements.