Sous le pompeux label d’« accord relatif aux gisements de fer de Bélinga et aux infrastructures y afférentes », c’est en réalité un acte de vente que ces compères ont passé avec la China Machinery and Equipment Import & Corporation (CMEC) et la Banque d’Export Import de Chine. Et ce n’est pas faire preuve de sinophobie que d’affirmer qu’ils ont cédé le Gabon à des intérêts chinois pour 1600 milliards de francs CFA. Cette somme correspond au prêt consenti par la banque asiatique à la COMIBEL (compagnie minière de Bélinga), une société dont le financement « sera assuré uniquement par la partie chinoise qui détiendra 85 à 90% du capital laissant au Gouvernement gabonais 10 à 15% en échange d’un traitement préférentiel sur les taxes d’exploitation des ressources naturelles et d’autres avantages. »
En parcourant le contrat signé par les ministres gabonais, on se demande s’ils l’ont lu. La kyrielle de fautes de français et de syntaxe qu’on y trouve prouve qu’ils ne l’ont pas rédigé.
Consulté par Le Gri-Gri pour analyser le document, un éminent juriste africain installé à Bordeaux a eu ces mots : « haute trahison ». Voilà de quoi se sont rendu coupables Eyeghe, Toungui et Onouviet, en s’engageant, au nom du gouvernement gabonais à « accorder une exonération sur tous les impôts et taxes à la COMIBEL, notamment les impôts sur le chiffre d’affaires et sur le revenu ainsi que sur l’importation des matériaux et matériels utilisés et directement liés à la réalisation du projet pendant une durée de 25 ans. » Ou « à faciliter l’entrée, le séjour et la circulation sur le territoire de la République gabonaise, des personnels chinois impliqués dans la réalisation du projet. » En clair, les Chinois pourront faire venir 2, 3 ou 5 millions de leurs compatriotes, s’ils le désirent, l’article 6.1.4 de l’accord le leur autorise.
Le Gabon est-il encore un Etat souverain ?
Sur le volet « environnement », les Asiatiques ont obtenu du Gabon, non seulement qu’il s’engage à leur donner « l’autorisation de procéder à la déforestation pour préparation des terrains et espaces nécessaires à la réalisation des ouvrages et infrastructures liées à ce projet. » Mais aussi à « assurer la responsabilité et l’éventuel dédommagement pour tous les éventuels dégâts environnementaux que pourrait causer la construction du barrage hydroélectrique. »
Quand on voit comment ces poètes-là traitent leur propre pays, il y a de quoi nourrir de sérieuses inquiétudes pour le Gabon. Allant jusqu’à violer les dispositions de leur propre Code minier, les Gabonais ont accordé à leurs nouveaux maîtres d’exploiter prioritairement « les autres substances, telles que l’or, le cuivre et autres associées ou non au fer… » (sic).
Tout ça pour un prêt vis-à-vis duquel l’entreprise société chinoise a préventivement pris ses distances : « Si le minerai de fer n’est pas suffisant pour rembourser le crédit, le Gouvernement gabonais s’engage à réexaminer avec la partie chinoise d’autres modalités de compensation possible. »
Et comme pour bien montrer aux Gabonais le peu de considération et de confiance qu’ils ont pour leurs institutions, les enfants de Mao ont obtenu de faire porter « tout différend né de l’application ou de l’interprétation » du contrat, devant la Cour internationale de Commerce, basée à Londres.
Question à 1600 milliards de francs CFA dévalués : le Gabon est-il encore un Etat souverain ? Ou alors, est-il devenu une simple réserve naturelle de 267.000 km2, peuplée de Pygmées, de Bantous et de quelques 25.OOO Chinois…
Justine Okimi, pour le le Gri-gri international->www.legrigri.info]
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