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Tchad : les enfants enlevés, victimes impuissantes de l’affaire Arche de Zoé
Le Tchad et la France affirment leur position
Les 103 enfants enlevés par l’association française l’« Arche de Zoé » seraient, selon des données confidentielles tirées de l’enquête menée par l’UNICEF, le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU et le Comité international de la Croix rouge, originaires de la zone frontalière Tchad-Soudan. De son côté, la France continue de contester ses responsabilités dans cette affaire et rejette une partie de la faute sur les autorités tchadiennes.

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  mercredi 31 octobre 2007 / par Stéphanie Plasse

Des données confidentielles émanant de l’enquête dirigée par l’UNICEF, le Haut-commissariat au réfugiés de l’ONU (HCR) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été recueillies mercredi, par le journal français Libération du mardi 30 octobre. Selon ces sources, les 103 enfants enlevés par l’ONG l’Arche de Zoé, auraient pour 75 % d’entre eux leurs deux parents, ce qui contredit clairement la version des faits soutenue par l’association. La plupart de ces enfants seraient d’« ethnies » Masalit et Zaghawa (comme le président Idriss Déby) et vivaient, semble-t-il, au Tchad, près de la frontière soudanaise.

Pour l’heure, les enfants qui étaient au centre d’Abéché ont été transférés, mardi, dans un orphelinat. Mariam Coulibaly Ndiaye, responsable de l’UNICEF au Tchad a déclaré lundi lors d’une visioconférence organisée par l’APO, à laquelle participait Afrik.com, que « les enfants se portaient bien (…) qu’ils étaient pour l’instant interrogés par le HCR et disposaient de psychologues pour les aider ». Concernant la position de l’UNICEF dans cette affaire, Mme. Coulibaly Ndiaye « condamne l’opération de l’association française et souligne qu’elle souhaite les meilleurs intérêts pour les enfants ».

La France essaye de sauver les meubles

Le ministère français des Affaires étrangères a affirmé, mardi, que la police tchadienne avait été mise en garde contre les activités de l’Arche de Zoé le 23 octobre, soit l’avant-veille de l’arrestation. Pascale Andréani, porte-parole du Quai d’Orsay, a précisé que les informations données au Tchad portaient sur « les projets très généraux de l’association ».

Une source diplomatique citée par le Monde, explique que les informations sur l’Arche de Zoé « auraient été transmises à l’ambassade de France à Khartoum » et concède que « dans la masse des informations traitées et échangées entre les différents services et postes, des loupés auraient pu intervenir ».

Concernant le rôle de l’armée française, le ministre de la défense, Hervé Morin, a déclaré mardi sur France 3 qu’elle avait apporté son « soutien logistique » à l’organisation et qu’elle bénéficiait de « toutes les autorisations tchadiennes ». M. Morin a pris fait et cause pour l’armée française. Selon lui, il ne fait nul doute que l’armée « a fait son travail, a respecté les procédures et a reçu l’autorisation du ministre de l’Intérieur tchadien ».

C’est peut-être en réaction aux accusations de négligence portées à l’encontre de la secrétaire d’Etat des Affaires étrangères et des droits de l’Homme, Rama Yade, que les autorités françaises ont rejeté une partie de la faute sur le gouvernement tchadien.

La position impassible du Tchad

Les accusations qui pesaient sur le président tchadien Idriss Déby, à propos de la possible utilisation de l’opération de l’Arche de Zoé comme prétexte au non déploiement de la force européenne (EUFOR Tchad/RCA), ont été démenties mardi, dans un communiqué du gouvernement tchadien. Cette force européenne doit être déployée en novembre notamment dans l’est du Tchad pour sécuriser les zones sensibles autour du Darfour (Soudan) et assurer la sécurité des réfugiés soudanais et tchadiens avec le soutien des policiers de l’ONU.

Dans son communiqué, le Tchad rassure les ONG présentes dans le pays. « Tous ceux qui ne sont impliqués ni de près ni de loin dans cette affaire et qui travaillent dans d’autres organisations d’assistance humanitaire au Tchad n’ont pas à s’inquiéter et à être inquiétés par quiconque voudrait se substituer à la justice des comptes inavoués ».

Dans cette affaire, les deux pays adoptent des comportements différents. Le calme du Tchad face à la défense vigoureuse de la France. Deux pays, qui perdus dans leurs retranchements, en oublieraient presque le sort des enfants.

Lire aussi :

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