afrik.com
 
vendredi 21 nov. 2008    
 
  Crise financière : les compagnies aériennes africaines préoccupées   -  France Télécom négocie une nouvelle licence d’opérateur au Togo  -  Le Conseil de l’Europe dénonce la politique d’immigration française  -  Cinquante Etats africains adoptent une plateforme commune sur le climat  -  Un vol direct va relier le Congo au Burkina Faso   -  France : les mariages forcés en augmentation dans toutes les communautés  -  Rose Kabuye : le Rwanda souhaite un procès rapide  -  Darfour : un procureur du CPI demande aux juges d’émettre trois mandats d’arrêt  -  Sirius Star : les pirates demandent 25 millions de dollars de rançon   -  Total va diriger les activités de Chevron au Kenya et en Ouganda  -    
 
Société - Afrique Centrale - Centrafrique - France - Guerre - Humanitaire

Centrafrique : Human Rights Watch dénonce une situation humanitaire catastrophique
212 000 personnes déplacées, plus de 10 000 habitations rasées en toute impunité

Ce n’est pas le Darfour. Elle ne fait pas la une au journal de 20h. Mais c’est une situation tout aussi inquiétante que décrit Human Rights Watch dans son rapport sur la crise dans le Nord de la Centrafrique. Ce rapport intitulé « État d’anarchie : Rébellions et exactions contre la population civile », paru ce vendredi, fait état d’une situation humanitaire alarmante. Il n’élude pas les complicités françaises.



samedi 15 septembre 2007, par Maral Amiri


Plus de 10 000 habitations rasées, 212 000 personnes déplacées, pillages et violences contre la population.Voici le triste rapport que l’association de défense des Droits de l’Homme, Human Rights Watch (RHW), a publié vendredi sur la situation dans le Nord de la République Centrafricaine. En plus d’une situation humanitaire catastrophique et d’une répression gouvernementale féroce, HRW décrit la passivité de l’armée française déployée sur place.

L’impunité, mot d’ordre dans le nord de la RCA

La République centrafricaine, voisine du Tchad et du Soudan, voit le Nord de son pays évoluer dans une insécurité préoccupante. Deux mouvements rebelles, l’UFDR, dans le Nord Est et l’APRD, dans le Nord Ouest du pays sont en conflit avec le gouvernement du Président Bozizé. « Le gouvernement centrafricain, au lieu de comprendre l’origine de ces mouvements a répondu par une répression bête et féroce (…). Dès qu’il y a un soupçon que certains rebelles sont vus dans certains villages, l’armée centrafricaine envoie des unités spéciales qui développent une violence assez inouïe et tirent sur les civils, terrorisés, qui quittent les villages. Il y a des zones, dans le Nord Ouest surtout, où sur des kilomètres de routes, les villages ont été brûlés », a indiqué à Libération Olivier Bercault, enquêteur sur place et auteur du rapport.

Le rapport révèle que la situation en République Centrafricaine n’est pas « oubliée » par la communauté internationale, mais occultée, voire inconnue. La crise dans le nord du pays n’est pas qu’un simple débordement de la crise voisine du Darfour, mais bien un conflit interne dont la responsabilité des troupes gouvernementales centrafricaine est clairement mis en avant par le rapport de l’ONG. « C’est une dynamique tout à fait locale. C’est vrai que la situation au Darfour et à l’est du Tchad exacerbe les tensions en Centre Afrique mais on n’est pas dans une situation comme à l’Est du Tchad. C’est une situation différente où ce sont deux foyers insurrectionnels qui sont locaux avec des revendications locales. Et l’armée envoie ses troupes pour les réprimer, mais répriment surtout les civils. », a expliqué Olivier Bercault. L’armée agit en toute impunité et est responsable de la majorité des exactions. Ainsi, le rapport fait état « de la vaste majorité des violations graves des droits humains perpétrées dans le nord du pays. » dont la charge impute en grande partie aux soldats des forces armées centres africaines (FACA) et de la garde présidentielle (GP).

L’armée française complice

Le rapport n’est pas tendre avec l’armée française. La France a signé un Accord de Défense avec la Centrafrique, qui signifie que si cette dernière est attaquée elle se doit de la défendre. Cet accord prévoit un type de soutien militaire plus poussé que celui figurant dans l’accord de coopération militaire conclu avec le Tchad. L’armée française n’est pas aveugle mais préfèrerait fermer les yeux sur les violations des droits de l’Homme et autres crimes commis.

Il n’y pas de preuves concrètes que les forces françaises assistent aux exactions mais « on a plusieurs cas qui sont très clairs, qui établissent que l’armée française était là cinq ou dix minutes avant. Elle se retire et ensuite des exactions sont commises, comme des incendies de villages, des destructions systématiques d’habitations civiles qui sont des crimes de guerre », raconte Olivier Bercault. A ce jour, Paris, qui s’impose comme un soutien clair au président Bozizé, jouerait la non-voyante. « C’est très gênant car il y a eu des meurtres commis et des violations du droit international humanitaire » a ajouté M. Bercault.

Une situation embarrassante et surtout urgente. Depuis 2005, tous les crimes perpétrés l’ont été en tout impunité. Aucun soldat ou rebelle n’a eu à se justifier des viols, incendies ou autres violations des droits de l’Homme. L’association HRW préconise un engagement clair et franc de la part des Français et précise qu’il est peu probable que l’armée centrafricaine puisse garder le contrôle du Nord du pays sans leur soutien.

Lire le rapport : « État d’anarchie : Rébellions et exactions contre la population civile »

Source photo : Human Rights Watch



Réagir à l'article

Soyez le premier à réagir à l'article.




 

   

RDC : les rebelles avancent, l’Union européenne discute

Algérie : l’arnaque des « faux moudjahidines » dénoncée

Et pendant ce temps-là, en RDC…

Tous les articles Guerre

L’élection d’Obama à l’origine d’une flambée de racisme aux Etats-Unis ?

Somalie : les pirates se déchaînent

Algérie : la mise en œuvre du programme du président à l’ordre du jour

Tous les articles Société

Viols en Afrique : l’employé de l’ONU aimait trop les « bonbons »

Accord minier entre Bangui et le groupe français Areva

Jean-Pierre Bemba a été entendu par la Cour pénale internationale

Tous les articles Centrafrique

Le Burkina-Faso en quête d’investisseurs en France

"Africa International" : 50 ans et débordant de projets

Un « Ticket » pour la peur

Tous les articles France

 
 
sur afrik.com    sur le web
 


 
 


Présentation - Contact/Mentions légales - Partenaires - Annoncer sur ce site - Affiliation
Plan du site - Revue de presse - Version texte - Carte d'afrique - Archives - Alertes e-mail - English version

Afrik.com c'est aussi : afrikeco.com - beaute.afrik.com - afrikblog.com
Notre sélection : Logiciels Libres - Rencontres - Réduction
© afrik.com