En signant un article commun ce vendredi dans The Times, le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy se sont engagés à « redoubler leurs efforts pour faire progresser la situation » au Darfour, dans l’ouest du Soudan.
Tous deux affirment que seule la combinaison « d’un cessez-le-feu, d’une force de maintien de la paix, d’une reconstruction économique et de la menace de sanction, peut apporter une solution politique » dans cette région
Ils indiquent également que la secrétaire d’Etat française chargée des Droits de l’Homme, Rama Yade, et le ministre adjoint britannique des Affaires étrangères, Lord Mark Malloch-Brown, devraient se rendre dans les prochains jours au Soudan, y compris au Darfour, dans le cadre de la pression diplomatique visant à obtenir un cessez-le-feu rapide.
Cet article commun de Brown et Sarkozy dans le Times est publié au moment où le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel pressant les pays membres à fournir au plus vite soldats et équipements à la force "hybride" des Nations unies et de l’Union Africaine (UA) de 26.000 hommes, devant se déployer au Darfour.
Ban Ki-Moon réclame plus de moyens et veut ramener les acteurs du conflit à la table des négociations.
« J’appelle les Etats membres (de l’ONU) à fournir d’urgence les moyens militaires qui manquent encore à la Minuad et qui sont cruciaux pour qu’elle puisse remplir son difficile mandat », écrit-il dans un rapport au Conseil de sécurité.
Le secrétaire général de l’ONU se rendra la semaine prochaine au Soudan, au Tchad et en Libye avec l’intention de « jeter les fondements d’une paix durable » au Darfour. Il indique par ailleurs qu’il profitera de son voyage au Soudan, du 3 au 6 septembre, pour « s’entretenir avec le gouvernement et les autres acteurs des moyens de remettre rapidement les parties au conflit sur la voie de la négociation politique. »
M. Ban Ki-Moon réagit sans détour à la recrudescence des violences au Darfour, déclarant : « Je condamne fermement toutes les attaques par toutes les parties, j’appelle le gouvernement du Soudan et les autres parties à s’abstenir de toute action militaire et à oeuvrer à l’établissement d’un climat qui soit propice aux négociations envisagées. »
Le conflit qui sévit depuis plus de quatre ans au Darfour, province de l’ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et deux millions de déplacés, selon l’ONU, des chiffres contestés par le Soudan qui parle de 9.000 morts.