Société - France - Politique
Dogad Dogoui : « J’espère l’avènement de Nicolas Sarkozy »
Interview de Dogad Dogoui, conseiller exécutif de l’UMP
Dogad Dogoui effectue ce lundi sa première sortie en tant que président du Forum des républicains sociaux de Paris, un parti qui soutient la candidature du ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Egalement conseiller exécutif de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), il nous explique pourquoi il appelle les Africains et les Domiens à voter pour Nicolas Sarkozy.

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  lundi 29 janvier 2007 / par Habibou Bangré

Dogad Dogoui réitère son soutien au ministre français de l’Intérieur. Dimanche, lors d’une rencontre, le président du Forum des républicains sociaux (FRS) de Paris a appelé les Africains et les habitants des départements d’Outre-Mer français à voter lors de la présidentielle pour Nicolas Sarkozy. Dogad Dogoui, 43 ans, président d’origine ivoirienne de l’association Africagora, effectue ce lundi sa première sortie en tant que leader du FRS-Paris. Il revient à cette occasion sur les raisons qui motivent son soutien au candidat investi par l’Union pour un mouvement populaire (UMP, au pouvoir), qui a notamment causé l’ire d’Africains hostiles à son concept d’immigration choisie.

Afrik.com : Vous êtes depuis peu le président du Forum des républicains sociaux de Paris. Quel sera votre rôle en son sein ?
Dogad Dogoui :
De redynamiser l’équipe parisienne en prévision des élections présidentielle et législatives. L’objectif sera de contribuer à l’élection du candidat Sarkozy à la présidentielle et, pour les municipales de 2008, de présenter des listes dans chaque arrondissement.

Afrik.com : Vous êtes également conseiller exécutif à l’UMP depuis août. Comment avez-vous intégré cette fonction ?
Dogad Dogoui :
Le président de l’UMP m’a envoyé un courrier dans lequel il m’a remercié pour mes actions et demandé de rejoindre la soixantaine de membres du comité exécutif, qui se réunit tous les mardis après-midi pour notamment débattre de l’actualité.

Afrik.com : Vous exprimez-vous sur des thématiques particulières ?
Dogad Dogoui :
J’ai choisi de travailler sur deux axes par rapport à mes compétences. Je travaille sur les attentes des populations issues de l’immigration, de la diversité, notamment en matière d’emploi parce que c’est mon rayon. Je m’axe aussi sur mon engagement au FRS de Paris pour une droite plus humaine, qui s’occupera du travail, des sans-abri et des dividendes universels (le partage de la richesse).

Afrik.com : Pourquoi cibler les Africains et les Domiens dans votre appel au vote pour Sarkozy ?
Dogad Dogoui :
En 2002-2003, Nicolas Sarkozy était accueilli comme un sauveur dans les banlieues. Mais il y a un recul du soutien, une frilosité, après les dérapages verbaux du ministre de l’Intérieur, qui a utilisé les mots de « racaille » et « Kärcher ». Ce sont des termes que ne doit pas utiliser un homme d’Etat, même si cela se comprend dans le contexte, puisqu’il a repris le mot « racaille ». Toutefois, je considère que les Africains et les Domiens ont tort de retirer leur soutien car je pense que la solution pour la promotion des minorités dans le pays ne peut venir que des solutions tournant autour des actions positives, en clair et sans langue de bois, de la discrimination positive. Or, il n’y a que Nicolas Sarkozy qui porte cette idée, qui est une chance pour les minorités de progresser dans la société. Il est donc dans l’intérêt des populations issues de l’immigration de voter pour Nicolas Sarkozy pour pouvoir grandir dans la société française. Car quelque soit le sentiment qu’on a à son égard, il ne veut pas faire de nous des assistés, mais des citoyens à part entière.

Afrik.com : Comment ont réagi les participants de la rencontre de dimanche ?
Dogad Dogoui :
Il faut savoir que la rencontre était ouverte à tous, il y avait des gens de gauche. Les remarques qui revenaient toujours étaient celles sur l’immigration choisie, les mots « racailles » et « Kärcher » et l’idée qu’il n’aime pas les étrangers. Ce sont des arguments que je bats en brèche avec un argument concret : même si le terme « racaille » est utilisé en banlieue, il n’aurait pas dû l’utiliser. Et nettoyer la banlieue de ce qui la gangrène, c’est le rôle du ministre de l’Intérieur, même s’il n’avait pas à s’exprimer comme il l’a fait.

Afrik.com : En ce qui concerne l’immigration choisie, comprenez-vous que des Africains aient le sentiment qu’on va prendre chez eux le meilleur et laisser le reste ?
Dogad Dogoui :
Les Afro-Français sont africains dans l’âme. Une politique française qui touche l’Afrique me touche aussi. Donc l’immigration choisie me touche et me concerne car on ne peut pas dire que l’on va s’ouvrir à tous. L’immigration a toujours été choisie, sur des critères qui restaient flous. Maintenant, les critères sont clairs, précis et transparents pour tous. On donne une règle à suivre, comme cela se fait au Canada ou aux Pays-Bas. On peut donc, quand on veut venir, savoir si on est dans les clous. L’immigration choisie n’est pas là pour dépouiller l’Afrique de ses cerveaux et de ses talents. L’objectif est de faire en sorte que ceux qui arrivent soient susceptibles de recevoir une éducation ou de remplir un poste dans une filière où la France a des besoins : cela peut être dans le secteur technique, scientifique ou encore non qualifié.

Afrik.com : Etes-vous pour ou contre la double peine, comme Nicolas Sarkozy se dit l’être ?
Dogad Dogoui :
Contre car, concrètement, les gens sont assez mortifiés pour être punis deux fois. Je suis pour la citoyenneté de résidence au niveau européen, alors j’estime que l’on doit rendre des comptes à la république et ne pas renvoyer les gens dans leur pays.

Afrik.com : L’avenir des minorités passe-t-elle par la droite ?
Dogad Dogoui :
Quand on est noir, on doit forcément être de gauche. C’est comme s’il y avait un enclavement des esprits. L’avenir des Africains passe par la droite si elle souhaite une promotion sociale. Actuellement, l’ascenseur social est verrouillé par les élites de la république de gauche comme de droite. Je considère que Nicolas Sarkozy prône justement des choses qui vont à l’encontre de ce que prônent ces élites qui s’opposent à l’ascension sociale des Africains. J’espère l’avènement de Nicolas Sarkozy car, avec lui, les minorités ne sont peut-être pas sûres de progresser dans le pays (tout dépend de sa parole et de sa mise en oeuvre), mais avec les autres c’est sûr qu’elles ne progresseront pas.

Afrik.com : Vous défendez les idées de Nicolas Sarkozy, mais expliquez ne pas rouler pour lui…
Dogad Dogoui :
Ma candidate était Christine Boutin (du FRS, qui soutient la candidature de Nicolas Sarkozy) mais comme elle le soutient, je la suis. D’autant qu’il est le plus proche de nos idées. Mais je ne roule pour personne, je roule pour moi-même. Je soutiens Nicolas Sarkozy car je ne suis ni député, ni ministre, ni même élu local. Alors je fais porter mes idées par Nicolas Sarkozy, un homme que j’admire pour sa conviction, sa fougue et son énergie, et le fait qu’il fait ce qu’il dit.

Afrik.com : Envisagez-vous un poste politique ?
Dogad Dogoui :
Je serai candidat à Paris pour le FRS. Je conduirai une liste dans les 20 arrondissements de la capitale.

Afrik.com : Si Nicolas Sarkozy est élu président, accepteriez-vous un portefeuille de ministre ?
Dogad Dogoui :
Cela ne se refuse pas !


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