Zimbabwe : Mugabe entre promesses et rodomontades

A l’occasion de la fête de l’indépendance, le président alterne les propos apaisants – sur la forme et l’intransigeance sur le fond.

Robert Mugabe a parlé. Le discours présidentiel, prononcé le 18 avril à l’occasion du vingtième anniversaire de l’indépendance du Zimbabwe, était très attendu dans le contexte de violence croissante qui agite le pays. C’est la seconde fois que le vieux  » père de la patrie  » prend la parole depuis son retour, dimanche, du sommet du G77 à Cuba. Ce jour-là, Mugabe avait exclu d’ordonner aux  » vétérans de la guerre d’indépendance  » de quitter les fermes qu’ils occupaient illégalement, comme le lui demandait pourtant la Haute Cour de son pays. Ce mardi 18 avril, rapporte l’agence Reuters, le président n’a toujours rien promis. Il s’est toutefois engagé à ce que  » les choses reviennent à la normale.  »

Bénéfice politique

Exprimant quelques regrets de la mort de deux fermiers blancs depuis samedi, le vieux leader a dit également  » comprendre la frustration des anciens combattants « . Selon Mugabe, la question de la propriété des terres agricoles est  » la dernière question coloniale limitant lourdement notre indépendance « .

Cette question, Mugabe est déterminé à  » la régler une fois pour toutes « . Qu’importe, pour lui, que l’électorat zimbabwéen ait désapprouvé son projet de réforme de la Constitution lors d’un référendum en février. Le texte prévoyait justement l’expropriation des fermiers blancs. En dépit de son rejet, le texte a été mis en oeuvre de fait : la police n’est pas intervenue lors des occupations de fermes. Quant à Mugabe lui-même, son implication dans le mouvement  » spontané  » des  » vétérans  » n’a pu être prouvée. Mais la violence raciste de ses propos publics depuis deux mois indique assez le bénéfice politique que le président veut tirer de l’opération.