Ylang-Ylang, jolie fleur des Comores

La fleur aux pétales dorées fait la joie des parfumeurs et fabricants d’huiles essentielles. Aux Comores, elle est le deuxième produit d’exportation… après la vanille. L’archipel est le premier producteur mondial d’essence d’Ylang-Ylang :  » la reine des fleurs « .

Son surnom d’ « île aux parfums « , Grande Comore le doit sans doute pour beaucoup à l’Ylang-Ylang. Ses pétales aux reflets d’or et de safran, son odeur douce et capiteuse en font un ingrédient essentiel pour les parfumeurs du monde entier. Pour les milliers de Comoriens qui vivent de son exploitation, l’Ylang-Ylang est une bénédiction. Avec 60 tonnes distillées chaque année sur une production mondiale évaluée à 100 tonnes, l’archipel est (de loin) le premier producteur mondial de cette essence. Les Comores comptent 400 alambics destinés à la distillation de cette fleur blonde, deuxième source de devises pour le pays, avec un volume d’exportation annuelle estimée à 11, 5 millions de francs français. Dans l’île de Mayotte, restée française, l’Ylang-Ylang (littéralement :  » reine des fleurs « ) représente 84% du total des exportations mahoraises.

L’Ylang-Ylang appartient à l’espèce Cananga odora var macrophylla. Elle pousse sur un grand arbre noueux importé des Philippines au début du siècle, dont la forme est obtenue par étêtage des branche pour en faciliter la cueillette des fleurs. Il peut atteindre cinq mètres. Dès sa troisième année, cueilleurs et cueilleuses s’en vont détacher soigneusement les fleurs et les ranger dans des paniers de coco tressés ou en lianes noires. Avant de les vendre aux distillateurs. Seule l’hexane est utilisée pour l’extraction de l’essence. Un hectare produit entre 900 et 1 500 kg de fleurs, correspondant à une fabrication de 18 à 30 kg d’essence par an.

Stockée à l’abri de la lumière et de la chaleur, la précieuse récolte peut se conserver jusqu’à dix mois. Les fleurs sont ensuite distillées de façon traditionnelle, selon la méthode dite à  » feu nu « , dans des alambics en cuivre. Le produit ainsi obtenu sera  » fractionné « , en plusieurs qualités d’essence. Les qualités Extra S, Extra Première, Seconde et Troisième.

Contre la frigidité, l’insomnie, la mauvaise circulation du sang…

Outre qu’elle fait le bonheur des parfumeurs, l’Ylang-Ylang est aussi appréciée des fabricants d’huiles essentielles qui l’incorporent dans la plupart de leurs préparations. Son essence se mèle, en effet, avec toutes les huiles et en particulier, le Santal.

On prête au mélange de multiples propriétés : ce serait un excellent régulateur du système cardiaque. Tonifiant ovarien et testiculaire, il constituerait un aphrodisiaque de choix. On l’apprécie aussi pour ses qualités d’antidépresseur, de sédatif, d’anti-septique pour les voies intestinales et son influence bénéfique sur les problèmes de circulation sanguine.

L’huile à base d’Ylang-Ylang, est donc indiquée aux personnes souffrant de tension artérielle élevée, de gastro-entérite, de nervosité (dépression, insomnie, excitabilité, essoufflement dû à l’anxiété), ou de frigidité. Véritable solution miracle, elle combattrait aussi très efficacement les peaux grasses et embellirait les chevelures.

L’usage peut-être interne, mais il faut en tous cas consulter un médecin avant traitement. Par voie externe, elle est particulièrement conseillée sous forme de massage des plexus (10 à 20 gouttes par jour), diluée dans l’eau du bain ou sous forme de diffusion.

Attention à ne pas avoir la main trop lourde. L’huile exhale un parfum sucré et voluptueux. Si puissant qu’il peut provoquer nausées et maux de tête.