Wade pour l’enseignement de l’histoire des Tirailleurs en Europe

Le chef de l’Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade, a estimé ce mercredi à Dakar que l’enseignement de l’histoire des tirailleurs sénégalais en Europe et dans le monde permettrait au reste du monde de jeter un regard nouveau sur l’Afrique.

« Très peu de personnes connaissent le rôle des Noirs dans les armées anglaises, françaises », a déploré le président Wade à l’occasion de l’ouverture d’un colloque international sur le thème « Forces noires et autres apports de l’Afrique pendant la Grande guerre », marquant la commémoration de la journée du Tirailleur sénégalais.

« Si l’histoire des tirailleurs sénégalais est enseignée en Afrique et en Europe, de nombreux préjugés tomberaient, des a priori s’estomperaient et un regard nouveau sera porté sur l’Afrique », a martelé le chef de l’Etat sénégalais dans son allocution.

« Les Africains se sont sacrifiés et ont mobilisé toutes leurs ressources non seulement pour nourrir les combattants, mais aussi les populations françaises », a-t-il rappelé.

Le président Wade a annoncé la création prochaine d’une fondation pour veiller à la pérennité du souvenir du Tirailleur sénégalais.

« Le texte portant création est déjà écrit et a été transmis aux autres chefs d’Etats africains pour observation », a-t-il révélé, avant d’indiquer le lancement d’un manuel d’histoire sur les tirailleurs sénégalais.

Invitant les historiens à « rompre avec la vision conformiste de l’histoire africaine », Me Wade a soutenu que l’homme africain « n’a jamais été un homme couché, soumis à des dominateurs ».

« Il a toujours résisté et continue de résister aujourd’hui encore face aux nouvelles contraintes », a-t-il martelé.

La journée du Tirailleur sénégalais célébrée chaque année au Sénégal depuis 2005 coïncide cette année avec le centième anniversaire de la création du Régiment des tirailleurs sénégalais (RTS), le 21 juillet 1857 par Napoléon III.