Vidéo-Algérie : 500 policiers marchent vers le palais présidentiel !

En Algérie, près de 500 policiers se sont dirigés, ce mercredi matin, vers le palais présidentiel. Ils réclament la démission du patron de la police, le général Abdelghani Hamel.

Près de 500 policiers étaient rassemblés, ce mercredi matin, devant la présidence de la République, à Alger. D’après TSA, ceux-ci ont quitté cette nuit, vers 1 heure du matin, le Palais du gouvernement pour se diriger vers le Palais d’El Mouradia. Selon des journalistes présents sur place, le dispositif de sécurité est discret, alors que certains policiers se montreraient agressifs à l’égard des journalistes, accusés de soutenir le Directeur général de la sûreté nationale (DGSN), le général Abdelghani Hamel.

Mardi, plusieurs centaines de policiers ont marché jusqu’au Palais du gouvernement où ils ont tenu un sit-in durant toute la soirée. Ils demandaient à être reçus par le Premier ministre. Mais ce dernier a refusé de les recevoir, en l’absence du ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïd, en déplacement à Ghardaïa, où la contestation a démarré en raison d’une « situation intenable ». Les véritables motivations de ces manifestations sont encore floues, mais vraisemblablement les policiers réclament une amélioration de leurs conditions de travail face à une « situation intenable ».

Un complot contre Hamel ?

La presse algérienne s’interroge, notamment Algérie-Focus. Les slogans criés par les policiers, « Hamel dégage! », « Nous voulons des augmentations de salaires », étonnent le journal « car elles manquent réellement de cohérence ». Le quotidien en ligne rappelle que les policiers ont bénéficié de « larges et généreuses augmentations de salaires » il y a de cela à peine quelques mois. Des sources proches de la DGSN « doutent totalement de la sincérité de ce mouvement de contestation », écrit le journal. « Les policiers n’ont jamais été aussi bien payés qu’aujourd’hui. C’est le général Hamel qui s’est battu pour améliorer les salaires des policiers et concrétiser leurs revendications socio-professionnelles », a indiqué à Algérie-Focus l’une de ces sources.

Selon des proches d’Hamel, ce dernier ferait l’objet d’un « complot ». « Sous la direction d’Abdelghani Hamel, la police algérienne a tourné la page des tortures et des bavures. Et à chaque fois que des policiers dérivent ou dérapent, ils ont été rapidement sanctionnés et radiés. Récemment, un policier a été révoqué lorsqu’il a embarqué à bord de sa voiture de service le mouton de l’Aïd. Certains policiers ne veulent pas de cette discipline », s’insurgent encore les proches du patron de la DGSN.

« La réalité de la vacance du pouvoir »

Pour Ali Benflis, ex-candidat à la dernière Présidentielle, ces manifestations aggravent la situation et sont d’après lui « d’une gravité sans précédent et unique dans nos annales nationales, des forces de l’ordre ont investi la rue pour exprimer une exaspération face à la situation intenable qu’ils vivent ». Cette situation « délicate de nos forces de l’ordre devrait être considérée avec sagesse et pondération en tenant compte de leurs doléances légitimes et des exigences de leur mission au service de l’Etat », a-t-il déclaré à la presse locale.

Par sa négligence, l’Etat est responsable des violences à Ghardaïa, selon l’ancien chef du gouvernement. « C’est, sans conteste, de Ghardaïa même, que nous est livrée la réalité de la vacance du pouvoir et des dégâts ravageurs qu’elle provoque sur la gestion des affaires publiques ».

Les policiers contestataires entendent manifester jusqu’à satisfaction de leurs revendications.