Vers la suppression des libertés syndicales au Gabon ?

Plusieurs structures syndicales, parmi lesquelles la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) et l’Union des syndicats de l’administration publique, parapublique et privée (USAP), réunies vendredi dernier à Libreville, ont dénoncé les dernières mesures prises par le gouvernement en matière de fonctionnement des syndicats au Gabon. Elles envisagent de saisir la Cour constitutionnelle ou le Conseil d’Etat pour faire valoir leurs droits.

Notre correspondant au Gabon

Les dernières mesures prises par le gouvernement gabonais interdisent notamment aux agents de l’Etat d’occuper les fonctions de membres des bureaux directeurs des syndicats. Les acteurs sociaux estiment qu’il s’agit purement et simplement d’une retour vers la dictature, marqué par une volonté de supprimer les droits syndicaux en République gabonaise. Pour la plupart d’entre eux, cette « mesure arbitraire » vise plus concrètement à museler l’activité syndicale qui, selon eux, empêche au gouvernement de tourner en rond, dans un contexte démocratique. Ils n’excluent pas la possibilité de saisir le Conseil d’Etat ou la Cour constitutionnelle pour se faire valoir leurs droits.

Les leaders syndicaux ont déclaré que, si les autorités de Libreville désirent appliquer cette mesure, qu’elles commencent par l’appliquer sur certaines hautes personnalités de l’Etat qui cumulent plusieurs fonctions au sein des administrations publiques. Rappelons que cette mesure frappe également les leaders des partis politiques qui, pour leur part, ont dénoncé ce qu’ils avaient qualifié de « dérive dictatoriale’’.

Outre cette mesure « arbitraire », le gouvernement a décidé dans la foulée que les jours de grève ne seront plus jamais payés au Gabon. Cette décision a provoqué également la colère des acteurs de la société civile qui jugent trop sévères les méthodes de l’actuelle équipe gouvernementale, au point où beaucoup parlent déjà de dictature et de recul démocratique; alors que le gouvernement pour sa part invoque des arguments juridique, parlant de ‘’la mise en œuvre de la législation relative à l’exercice du droit syndical telle qu’elle est édictée’’.