
Le Conseil d’administration de Gavi, l’Alliance du Vaccin, a décidé de renforcer son soutien à la production de vaccins en Afrique avec 189 millions de dollars supplémentaires. Cette enveloppe s’ajoute au milliard de dollars déjà consacré à l’accélérateur de la production des vaccins en Afrique, afin de réduire la dépendance du continent aux importations et bâtir une industrie pharmaceutique plus résiliente.
Un nouvel appui pour bâtir une industrie vaccinale africaine. À l’occasion d’une réunion consacrée à la mise en œuvre de sa stratégie 2026-2030, Gavi a annoncé un financement additionnel de 189 millions de dollars destiné à accélérer le développement de la production de vaccins sur le continent.
Cette décision vient renforcer l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, doté d’un milliard de dollars, lancé pour soutenir l’émergence d’une industrie capable de répondre aux besoins sanitaires africains et réduire la dépendance vis-à-vis des producteurs étrangers.
Pour Gavi, l’objectif est non seulement de stimuler la demande en vaccins fabriqués localement, mais aussi et surtout de créer les conditions d’un écosystème industriel durable.
Des achats garantis pour soutenir les fabricants africains
Sur les 189 millions de dollars débloqués, 139 millions seront consacrés à l’achat de vaccins produits sur le continent africain. En garantissant des débouchés aux industriels, Gavi entend encourager les investissements dans les unités de production et renforcer leur viabilité économique.
Cette approche répond à l’une des principales difficultés rencontrées par les fabricants africains : produire ne suffit pas, encore faut-il disposer d’un marché suffisamment stable pour rentabiliser les investissements.
Le financement annoncé viendra ainsi compléter les budgets habituels d’acquisition de vaccins de Gavi.
Renforcer tout l’écosystème du vaccin
Au-delà de la production elle-même, Gavi souhaite consolider l’ensemble de la chaîne de valeur. Une enveloppe supplémentaire de 50 millions de dollars sera consacrée au renforcement des capacités institutionnelles de trois acteurs clés : les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Agence africaine du médicament (AMA) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Ces institutions auront pour mission d’accompagner le développement des cadres réglementaires, de soutenir les procédures d’homologation et d’accélérer la mise en place d’un environnement favorable à l’industrie vaccinale africaine.
Les leçons de la pandémie de Covid-19
L’annonce de Gavi s’inscrit dans le prolongement des enseignements tirés de la pandémie de Covid-19. Pendant la crise sanitaire mondiale, le continent africain avait été confronté à d’importantes difficultés d’accès aux vaccins, en raison de sa forte dépendance aux importations et de la concentration de la production dans un nombre limité de pays.
Cette situation a mis en évidence la nécessité pour l’Afrique de disposer de capacités locales de fabrication afin de mieux répondre aux futures urgences sanitaires. C’est ce qui justifie le soutien de Gavi en faveur de la montée en puissance des industriels africains. L’objectif visé est de renforcer la sécurité sanitaire du continent, favoriser les transferts de technologies, la création d’emplois qualifiés et le développement d’une filière pharmaceutique compétitive.
L’Alliance maintient également son objectif de vacciner 500 millions d’enfants supplémentaires, de prévenir 8 à 9 millions de décès et de réduire encore la mortalité des enfants de moins de cinq ans.
Pour atteindre ces ambitions, elle mise désormais sur une implication accrue des pays bénéficiaires, un soutien renforcé aux États fragiles et une meilleure intégration des capacités industrielles africaines dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en vaccins.




