Unir l’Afrique et sa diaspora

L’Union africaine et la diaspora africaine d’Europe étaient réunies, mardi et mercredi, à Paris, pour une conférence régionale consultative sur la « réalisation d’une Afrique et de sa diaspora unies et intégrées ». Les panélistes ont établi une batterie de recommandations pour atteindre cet objectif.

Par Aurore Assombri

L’Afrique et sa diaspora sont confrontées à plusieurs défis : le racisme, la discrimination, la fuite des cerveaux ou l’image négative renvoyée par certains medias. Autant de problèmes abordés, mardi et mercredi, à Paris, lors de la conférence régionale consultative de l’Union africaine et de la diaspora africaine en Europe. Cette rencontre, organisée par l’ambassade d’Afrique du Sud en France, était cependant surtout axée les solutions – dont la « réalisation d’une Afrique et de sa diaspora unies et intégrées ». Les panélistes ont fait le point et plusieurs propositions pour y parvenir à court, moyen et long termes.

Se serrer les coudes

L’une des principales recommandations est de développer « une bonne relation et une estime de soi positive entre les Africains de la diaspora et ceux du continent ». Comme certains l’ont souligné, que l’on soit africain du continent ou de la diaspora, on reste africain. D’où la suggestion que les gouvernements créent une législation leur permettant de s’occuper des problèmes de la diaspora. Plus largement, la diaspora est invitée à « nommer un représentant pour participer aux discussions et aux sommets de l’Union Africaine ».

Pour redorer le blason de l’Afrique et mettre à bas certains clichés, les participants ont évoqué l’idée de créer une alliance d’éditeurs et, en Europe, une Université de la diaspora ou une académie panafricaniste. Les medias pourront contribuer en mettant en place une stratégie positive de communication. Il est par ailleurs question de créer une base de données relatant l’histoire africaine pour faciliter sa compréhension et toucher un public large.

Quant aux mouvements de population, l’une des recommandations phares est de « générer et faciliter la migration, et notamment le retour des membres qualifiés de la diaspora vers l’Afrique ». Les Africains de la diaspora pourraient également devenir un interlocuteur privilégié au cas où l’Etat où ils vivent seraient prêt à investir, commercer ou établir un partenariat avec leur pays d’origine. A charge pour eux de se signaler aux responsables de ces opérations dans leur pays hôte.

Plusieurs réunions à venir

Nomasonto Sidanda-Tushi, ambassadrice de l’Afrique du Sud à Paris, croit dur comme fer en le potentiel de cette réunion. « Cette initiative pourrait nous permettre d’améliorer la qualité de vie sur le continent africain, de développer les échanges culturels, de faire d’importants progrès sur les plans politiques et économiques », a-t-elle confié à Afrik.

Elle précise que cette rencontre n’est pas la première, et ne sera pas la dernière : « Des rencontres consultatives ont déjà eu lieu sur tout le continent américain, au Brésil, à la Barbade, aux Etats-Unis… En Europe, après les conférences organisées en Grande-Bretagne, puis en France, il y ‘en aura d’autres : en Belgique, en Suisse, au Portugal, dans les mois à venir. Et sur le continent africain également où la société civile doit se réunir, à Addis Abbeba, du 14 au 16 octobre pour débattre du concept de diaspora. Cette conférence sera suivie par des réunions de concertation ministérielles et des chefs d’Etat africains, en février 2007, en Afrique du Sud ». Tout un programme.