Un téléphone pour tous les Africains de l’Ouest

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest souhaite créer un marché commun libéralisé des télécommunications. Objectif : apporter le téléphone à plus de six millions de personnes d’ici 2006.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a annoncé, samedi dernier, la création d’un marché unique et libéralisé des télécommunications afin d’améliorer les services téléphoniques de la région d’ici 2006.

La Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les investisseurs étrangers se joignent tous à la CEDEAO pour reconnaître que la faiblesse du réseau téléphonique dans les quinze Etats membres constitue un frein au développement économique de la zone. L’objectif est simple : procurer le téléphone à 3% de la population dans la région. Plus de six millions de personnes.

Cinq ans pour réussir

L’initiative a été amorcée la semaine dernière à Abuja (Nigeria) où des techniciens de la CEDEAO ont mis sur pied la future instance de travail : l’Association régulatrice des télécommunications de l’ouest africain (ARTOA). Celle-ci est constituée de représentants béninois, maliens, nigériens, sénégalais, de l’Union des Télécommunication Africaine (UTA) et du Centre africain de connexion pour le planning stratégique. C’est à l’occasion de la prochaine rencontre au Bénin, les 26 et 27 juillet à Cotonou, que les ministres des Télécommunications de la sub-région prendront acte du futur plan d’action.

Le téléphone pour tous : l’idée est bien séduisante. Il s’agit, à la base, d’un problème d’infrastructures. Et la CEDEAO se donne jusqu’à 2006 pour remédier à la situation. Une situation qui nécessitera de lourds investissements et une étroite coordination entre les différents pays membres.

La CEDEAO connaît toutefois de sérieux revers de fortune quant aux missions qu’elle s’assigne. Avec un commerce intra-régional qui n’est que de 11% par rapport au commerce avec les pays tiers, l’efficacité de l’organisation est bien mise à mal.  » Le schéma de libéralisation des échanges n’est pas encore opérationnel « . Ce qui est vrai pour la création d’une union économique et monétaire risque malheureusement de l’être pour ce projet de télécommunication ambitieux mais nécessaire.